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La mission de l'ONU au Mali face à des "défis nouveaux et uniques" (Ladsous)

25/06/2013 12:03 EDT | Actualisé 25/08/2013 05:12 EDT

La mission de l'ONU au Mali, qui devrait se déployer à partir du 1er juillet, fera face à des "défis nouveaux et uniques", a estimé mardi le patron des opérations de maintien de la paix de l'ONU Hervé Ladsous devant le Conseil de sécurité.

Le Conseil devrait confirmer mardi que les conditions de sécurité permettent le déploiement lundi prochain de la Minusma (Mission intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali), selon des diplomates.

La Minusma doit prendre le relais de la force panafricaine (Misma). Sa tâche sera de stabiliser les principales villes du nord et d'encourager la transition politique à Bamako, notamment par le biais d'élections prévues fin juillet.

Créée par une résolution du Conseil fin avril, elle absorbera "la majorité des forces de la Misma", soit actuellement 6.148 hommes, et devrait atteindre sa "capacité opérationnelle complète" au 31 décembre, a précisé M. Ladsous.

Elle deviendra alors "la troisième plus grande opération de maintien de la paix de l'ONU". Il s'agit selon M. Ladsous "d'un nouveau chapitre ambitieux de l'histoire du maintien de la paix" mais qui recèle des menaces et des défis.

Il a notamment cité les "menaces asymétriques", c'est à dire d'éventuels attentats ou opérations de guérilla menés par les groupes armés islamistes chassés du nord par les troupes françaises.

Celles-ci pourront prêter main forte à la Minusma en cas d'attaque et continueront de mener des opérations antiterroristes. L'ONU "finalise actuellement un arrangement" en ce sens avec Paris.

"Dans cet environnement nouveau pour nous, nous avons devant nous des défis nouveaux et uniques", a souligné M. Ladsous. "L'ONU déploie une opération de maintien de la paix dans un nouveau contexte géopolitique marqué par des menaces asymétriques que nous n'avions pas rencontrées dans le passé".

Il faudra aussi compléter les effectifs de la force -- 12.600 Casques bleus au maximum -- en persuadant de nouveaux pays de contribuer avec des troupes. Il y aura ainsi une "période de grâce de 4 mois" pour permettre aux unités de se former et de s'équiper, a précisé M. Ladsous.

M. Ladsous a aussi cité parmi les "défis significatifs" l'immensité du terrain à surveiller, le manque d'infrastructures ou encore le climat politique, notant "qu'un processus électoral mal géré peut aggraver l'instabilité".

S'adressant au Conseil par vidéoconférence depuis Bamako, le nouveau représentant spécial de l'ONU pour le Mali Bert Koenders a noté que "la situation sécuritaire se normalise petit à petit dans les régions de Tombouctou et Gao". Mais elle reste "complexe et fragile", a-t-il ajouté, "les risques d'actions asymétriques et de violents affrontements demeurant importants".

Des "défis majeurs persistent" aussi pour organiser à temps les élections présidentielles du 28 juillet, dont la livraison du matériel électoral et l'enregistrement des personnes déplacées.

avz/bdx

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