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Injonction : des occupants s'enchaînent à une station d'Enbridge

25/06/2013 11:30 EDT | Actualisé 25/08/2013 05:12 EDT
Radio-Canada

Le géant canadien Enbridge espère un « dénouement pacifique » après avoir obtenu une injonction pour déloger un groupe d'environnementalistes et d'Autochtones qui occupent depuis près d'une semaine une station de pompage de l'un de ses pipelines à Hamilton.

Les occupants protestent contre le projet de la compagnie d'inverser le flux de l'oléoduc pour y transporter du bitume de l'Alberta vers les raffineries de Montréal. Le pipeline de la ligne 9 relie Montréal à Westover dans un secteur rural d'Hamilton.

L'injonction obtenue par Enbridge mardi matin donne deux heures aux protestataires pour quitter les lieux. Mais les manifestants ont refusé d'obtempérer à l'ordonnance des tribunaux jusqu'à maintenant. Certains se sont même enchaînés au portail de la station. Parmi la vingtaine d'occupants, quatre doivent défier l'injonction et rester sur place aussi longtemps qu'ils n'auront pas été arrêtés.

Pour sa part, la compagnie Enbridge est prête à négocier avec les occupants et la police, indique le porte-parole Graham White. Il ajoute, toutefois, que « c'est notre propriété, des travaux importants ont lieu sur le site et on doit reprendre la maîtrise de nos installations ».

Déversements

Au début de l'occupation, les protestataires avaient assuré « que ce n'est pas leur intention d'endommager l'équipement ou le pipeline ». 

Les manifestants craignent que le renversement du flux de l'oléoduc et sa plus grande utilisation ne mène à des déversements qui pourraient contaminer la nappe phréatique. Ils font valoir que le bitume albertain est plus « corrosif » que les produits pétroliers acheminés actuellement par le pipeline en direction inverse, des raffineries québécoises à l'Ontario.

Le porte-parole d'Enbridge Ken Hall avait répondu que le projet était légal et sécuritaire. « Ce n'est pas vraiment leur intention de nous parler, avait-il ajouté. Ils sont ici pour avoir de la publicité sur leur cause ».

Plus tôt ce mois-ci, des environnementalistes du groupe Hamilton 350 avaient protesté contre le projet à l'extérieur du quartier général de la police de la municipalité, qui avait reçu un don de plus de 44 000 $ d'Enbridge. Par ailleurs, en mai dernier, une quarantaine de protestataires avaient simulé un déversement pour faire part de leurs inquiétudes.

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