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Centrales annulées : les libéraux ont cherché à cacher la vérité, selon Ann Cavoukian

25/06/2013 08:26 EDT | Actualisé 25/08/2013 05:12 EDT

L'ancien premier ministre ontarien Dalton McGuinty doit faire face à une avalanche de questions, mardi après-midi, lors de sa comparution devant un comité parlementaire, alors que les partis d'opposition veulent savoir ce qu'il savait au sujet de l'effacement de courriels à son bureau dans le dossier de l'annulation controversée de deux projets de centrales électriques.

L'ex-chef libéral a annulé les deux projets à Oakville et à Mississauga, respectivement avant et durant la dernière campagne électorale en 2011, face à l'opposition populaire. La décision aura coûté au moins 585 millions de dollars aux contribuables, soit plus du double de ce que promettait M. McGuinty.

Lors de son premier témoignage devant le comité parlementaire sur la justice en mai dernier, l'ancien premier ministre en avait assumé la responsabilité, cherchant à disculper sa successeure libérale Kathleen Wynne. Il avait affirmé que la « population avait raison » et que son « gouvernement avait tort » de vouloir construire des centrales au gaz naturel dans les communautés d'Oakville et de Mississauga. 

Mais, quelques semaines plus tard, la commissaire provinciale à l'information et à la protection de la vie privée révélait que son ex-chef de cabinet et d'autres employés libéraux avaient supprimé des courriels liés à l'affaire, menant à des allégations de tentative de camouflage de la part du NPD et du PC et même à une enquête policière.

Dans une déclaration écrite, M. McGuinty assurait au début du mois n'avoir jamais « cautionné ou demandé la destruction de courriels ». Il fera mardi ses premiers commentaires en public sur le sujet.

Illégal

La commissaire provinciale à l'information et à la protection de la vie privée témoigne, mardi matin, soit avant M. McGuinty, devant le comité sur la justice qui enquête dans le dossier.

Ann Cavoukian a déjà affirmé que l'effacement de courriels était illégal et qu'il régnait, selon elle, une « culture » problématique au bureau de l'ex-premier ministre McGuinty. Les échanges par écrit y étaient proscrits, l'accent étant mis sur la communication orale.

Mardi, elle a réagi à une affirmation faite, la semaine dernière, devant le comité par un ex-chef de cabinet de M. McGuinty, Chris Morley. Ce dernier a défendu la destruction de courriels , soutenant qu'il y avait 99 raisons possibles évoquées dans les directives de la fonction publique pour expliquer la « destruction immédiate » de documents comme des courriels. Mme Cavoukian a répondu du tac au tac que rien dans la loi ne forçait un fonctionnaire à supprimer un courriel, bien au contraire. Elle a ajouté qu'il serait difficile de conclure que la suppression de courriels par des employés de M. McGuinty était une erreur de bonne foi.

Pour sa part, le chef conservateur Tim Hudak espère que l'ex-premier ministre, qui a aussi démissionné de son poste de député d'Ottawa, profitera de sa deuxième comparution pour « adopter une attitude différente ». « J'espère qu'il sera honnête avec les contribuables et qu'il nous dira ce qui est vraiment arrivé », dit-il. 

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