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Première grande tournée en Afrique pour Obama, Mandela en arrière-plan

24/06/2013 03:27 EDT | Actualisé 24/08/2013 05:12 EDT

Le président américain Barack Obama entame mercredi sa première grande tournée en Afrique depuis son arrivée à la Maison Blanche mais l'état de santé alarmant de Nelson Mandela pourrait modifier le déroulement de ce voyage très attendu.

La tournée comprend une étape sud-africaine les 29 et 30 juin et la Maison Blanche a déclaré lundi que Barack Obama "continuait d'avoir hâte de faire ce voyage" tout en veillant à l'évolution de la santé de l'ancien leader sud-africain, plongé dans un état critique au cours des dernières heures.

A près de 95 ans, celui-ci est hospitalisé depuis plus de deux semaines pour une grave infection pulmonaire.

Jay Carney, porte-parole de la présidence américaine, a déclaré ne pas vouloir "spéculer sur l'impact de la santé de M. Mandela sur le voyage du président". "Nous souhaitons tous qu'il se remette", a-t-il ajouté.

Barack Obama a prévu de passer une nuit à Johannesburg et une autre au Cap et de faire aussi un arrêt sur l'île de Robben Island, où Mandela fut écroué pendant 18 ans.

Le président sud-africain Jacob Zuma a de son côté assuré lundi que la visite de son homologue américain était maintenue.

"Il s'agit d'une visite importante puisque les Etats-Unis sont un acteur majeur en matière d'investissement, de tourisme et de technologie" pour l'Afrique du Sud, a-t-il dit, ajoutant que les questions de sécurité sur le continent seraient également discutées.

Accompagné par son épouse Michelle, M. Obama doit se rendre du 26 juin au 3 juillet au Sénégal, en Afrique du Sud et Tanzanie mais pas sur la terre natale de son père, le Kenya, dont le président, Uhuru Kenyatta, est poursuivi par la Cour pénale internationale.

"Les Africains étaient très enthousiastes quand le président Obama a été élu" en 2008, rappelle Mwangi Kimenyi, chercheur à la Brookings Institution.

"Ils attendaient un engagement plus fort (des Etats-Unis) que par le passé, en termes de politique mais aussi de visites, étant donné l'origine du président", ajoute-t-il.

Né aux Etats-Unis d'une mère américaine et d'un père kényan, M. Obama ne s'est rendu jusqu'ici, en tant que président, que dans un seul pays d'Afrique noire, le Ghana, en juillet 2009.

La politique africaine a attendu, Obama cherchant d'abord à surmonter la crise économique de 2007, à gérer les révolutions du printemps arabe et la fin de l'engagement américain en Irak et en Afghanistan.

Pour la Maison Blanche, il était donc "grand temps" d'effectuer cette tournée en Afrique car son absence sur le continent avait "beaucoup déçu".

Alors que certains pays africains se tournent déjà vers d'autres puissances et que la Chine investit de plus en plus sur ce continent, l'exécutif américain évoque la nécessité d'"étendre la croissance économique, l'investissement et le commerce, de renforcer les institutions démocratiques, et d'investir dans une nouvelle génération de dirigeants africains".

"Pour les Etats-Unis, cela n'a pas de sens de dire que nous sommes un leader mondial sauf sur ce continent (...) Il nous faut être présents en Afrique", insiste le conseiller adjoint à la sécurité nationale, Ben Rhodes, en faisant valoir que la Chine, la Turquie et le Brésil, notamment, y ont développé leur présence.

Washington a bien noté que le président chinois Xi Jinping, qui avait précédé Obama sur le continent en mars, avait célébré "l'amitié sincère" entre l'Afrique et la Chine.

Avide de matières premières, la Chine est devenue en 2009 le premier partenaire du continent, d'après l'Organisation de coopération et de développement économiques.

Le président américain pourrait aborder de façon subtile la stratégie économique agressive de Pékin en Afrique.

Obama devrait faire valoir le bilan américain en matière d'expertise locale, de transfert des technologies, de transparence, et le pouvoir des marques américaines, tout en évoquant au passage le "code de la route" économique, fréquent sujet de frictions avec Pékin.

Mais il pourrait subir des comparaisons avec son prédécesseur George W. Bush, qui s'était rendu en Afrique dès son premier mandat et y reste vanté pour son programme de lutte anti-sida.

Barack Obama a déjà courtisé les pays africains désireux d'avancer en matière de démocratie, et il avait lancé au G8 l'an dernier une initiative dans le domaine alimentaire qui concerne neuf pays et a réuni 3,5 milliards de dollars du secteur privé pour des projets agricoles.

Son administration rappelle aussi que Washington a accompagné la naissance du Soudan du Sud et envoyé des forces spéciales pour aider les troupes africaines à tenter de capturer le rebelle ougandais Joseph Kony.

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