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Paris juge insuffisantes les sanctions de Kinshasa après les viols à Minova

24/06/2013 02:34 EDT | Actualisé 24/08/2013 05:12 EDT

La ministre française des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, a jugé lundi insuffisantes les sanctions prises par Kinshasa contre des soldats congolais responsables de viols dans la région de Minova, à l'est de la République démocratique du Congo.

Plus de 130 femmes avaient été violées entre le 20 et le 30 novembre 2012 dans cette région, quand des soldats gouvernementaux fuyaient l'avancée des rebelles du M23. Seule une poignée de soldats a été sanctionnée depuis lors par les autorités de Kinshasa.

"Ce n'est pas suffisant, ce n'est pas satisfaisant", a lancé à la presse à New York Mme Vallaud-Belkacem, qui est également porte-parole du gouvernement. "Le travail doit être poursuivi pour que soient condamnés les auteurs de ces exactions", a-t-elle ajouté, alors qu'elle participait à un débat au Conseil de sécurité de l'ONU sur les violences sexuelles dans les conflits.

La France est "préoccupée par les violences commises" par le mouvement M23 et l'armée congolaise à l'est de la RDC et souhaite que "la justice soit à l'oeuvre", a-t-elle encore souligné.

La ministre a également noté que dans la lutte contre les violences sexuelles, "il ne faut laisser aucune zone d'impunité".

Selon le porte-parole adjoint de l'ONU Eduardo del Buey, la Monusco --mission de l'ONU en République démocratique du Congo-- "continue d'insister auprès des autorités de RDC pour que tous ceux qui sont responsables (des viols à Minova) soient pleinement sanctionnés".

Il a cependant fait valoir que Kinshasa avait fait "des efforts" en ce sens, ce qui a convaincu l'ONU "de ne pas suspendre l'ensemble de son soutien aux FARDC", les forces gouvernementales congolaises.

Le Conseil de sécurité a adopté lundi à l'occasion de ce débat une résolution réaffirmant sa condamnation de ces violences et demandant notamment que "des conseillers pour la protection des femmes" continuent d'être déployés dans le cadre des missions de maintien de la paix de l'ONU.

Selon le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, c'est déjà le cas au Soudan du Sud et il en sera bientôt de même en RDC, au Mali, en Côte d'Ivoire, en République centrafricaine et en Somalie.

avz/sam

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