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Liban: de violents affrontements éclatent entre extrémistes sunnites et l'armée

24/06/2013 05:21 EDT | Actualisé 24/08/2013 05:12 EDT

BEYROUTH - La troisième ville en importance du Liban s'est transformée en véritable champ de bataille, lundi, alors que l'armée a repoussé les partisans lourdement armés d'un dirigeant religieux sunnite qui s'était réfugié dans une mosquée.

Les résidants de Sidon, dans le sud du pays, ont fui les tirs de mitraillettes et les explosions qui ont secoué la région côtière. Ces combats sont considérés comme une épreuve pour l'État libanais, qui peine à composer avec les conséquences du bourbier syrien.

Au moins 16 personnes ont perdu la vie au cours des affrontements des deux derniers jours, qui ont opposé l'armée libanaise aux fidèles d'Ahmad al-Assir. La popularité croissante et soudaine de ce cheikh radical témoigne de la frustration qu'une frange de la population ressent face à l'ascendant du Hezbollah — dirigé par les chiites — sur le pouvoir politique libanais.

La robustesse dont les partisans d'al-Assir ont fait preuve démontre de quelle violence les sunnites libanais sont désormais capables en misant sur la colère suscitée par la situation en Syrie et l'insatisfaction à l'égard du Hezbollah.

Selon Nabil Azzam, un résident de Sidon, la ville est devenue une «zone de guerre». Un jour après avoir quitté la ville avec sa famille, l'homme est brièvement retourné sur les lieux des affrontements afin de constater dans quel état se trouvait sa maison.

Au cours d'un entretien téléphonique interrompu par des tirs de fusils, il a suggéré que ces violences interconfessionnelles étaient attribuables à la montée de la rhétorique sectaire résultant de la guerre civile en Syrie, qui fait rage depuis maintenant plus de deux ans.

Les affrontements qui ont éclaté à Sidon sont les plus violents combats impliquant l'armée à survenir depuis 2007. À cette époque, les troupes libanaises avaient combattu pendant trois mois un groupe affilié à al-Qaïda, Fatah Islam, au camp de réfugiés palestiniens de Nahr el-Bared, dans le nord du pays.

La précarité de la situation sécuritaire préoccupe les autorités canadiennes. Affaires étrangères et Commerce international Canada a recommandé lundi «d'éviter tout voyage non essentiel au Liban en raison des tensions accrues et de la criminalité».

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