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Le mystère persiste, mais Snowden serait en sécurité

24/06/2013 07:20 EDT | Actualisé 24/08/2013 05:12 EDT

Introuvable à bord d'un vol entre Moscou et La Havane, lundi, Edward Snowden, cet informaticien à l'origine des révélations sur le programme américain de cybersurveillance Prism, se trouverait en sécurité, selon le fondateur de WikiLeaks Julian Assange.

« La situation actuelle de M. Snowden et de Harrison est qu'ils sont tous les deux en bonne santé et en sécurité, et en contact tous deux avec leurs équipes de conseillers juridiques », a dit Julian Assange, faisant également référence à une représentante de WikiLeaks qui accompagne le fugitif, Sarah Harrison.

« M. Snowden et Mme Sarah Harrison [une journaliste britannique qui l'accompagne et travaille avec l'équipe juridique d'Assange] sont tous les deux en bonne santé et en sécurité », a déclaré M. Assange lors d'une conférence téléphonique depuis l'ambassade d'Équateur à Londres. « Je ne peux pas vous donner plus d'informations sur leur localisation », a-t-il ajouté.

« Nous savons où se trouve M. Snowden, il est dans un endroit sûr et il a bon moral », a-t-il répété. Mais « en raison des menaces belliqueuses venant de l'administration américaine, nous ne pouvons pas donner plus de détails pour l'instant. Malheureusement, nous ne pouvons pas révéler dans quel pays il se trouve », a-t-il ajouté.

« Edward Snowden a quitté Hong Kong le 23 juin à destination de l'Équateur via la Russie et d'autres États », a ajouté lors d'une conférence téléphonique le patron de WikiLeaks, lui-même réfugié à l'ambassade de l'Équateur, à Londres, depuis un an.

Volatilisé

Un membre du personnel navigant a confirmé qu'il n'était pas à bord du vol et que le siège qu'il aurait dû occuper avait été attribué à un autre passager.

Selon une source proche de la compagnie aérienne russe Aeroflot, Edward Snowden avait réservé une place à bord de ce vol, dont le décollage était prévu ce lundi à 10 h 05 GMT.

L'ancien consultant en informatique de la National Security Agency (NSA), l'une des principales agences du renseignement américain, est arrivé dimanche à Moscou en provenance de Hong Kong, où il s'était réfugié avant les premières révélations sur ce programme. Soutenu par l'organisation WikiLeaks, il a ensuite demandé l'asile à l'Équateur.

Selon une source proche du dossier citée par l'agence de presse russe Interfax, M. Snowden a sans doute déjà quitté la Russie et se trouve à l'étranger.  « Il a pu décoller à bord d'un autre vol. Il est peu probable que les journalistes aient été témoins de son décollage », a dit cette source, alors que le jeune Américain n'était apparemment pas à bord du vol sur lequel il était enregistré.

Les États-Unis ont révoqué son passeport et demandé que cet ancien collaborateur de la CIA et de l'Agence nationale de sécurité (NSA) soit empêché de poursuivre sa route, mais l'éventualité que la Russie livre Snowden aux États-Unis est toutefois jugée peu probable par le député russe Alexeï Pouchkov, président de la commission des affaires étrangères de la Douma d'État.

Edward Snowden a reconnu être à l'origine des fuites sur l'existence d'un vaste programme de surveillance des communications téléphoniques et par Internet, le PRISM. Il a également affirmé que la NSA piratait depuis 2009 les ordinateurs d'institutions appartenant à l'ancienne colonie britannique, ainsi qu'à la Chine.

Ses révélations, publiées début juin par les quotidiens Guardian et Washington Post, montrent comment la NSA a amassé quantité de données téléphoniques et numériques provenant de compagnies telles que Verizon, Google, Apple et Facebook.

Par ailleurs, une pétition est en cours aux États-Unis pour demander au président Barack Obama de gracier l'informaticien de 30 ans. La pétition lancée sur le site de la Maison-Blanche a déjà recueilli plus de 100 000 noms. Elle présente M. Snowden comme un « héros national » et elle stipule qu'il devrait être libéré de toute accusation pour avoir donné l'alerte sur le programme de surveillance du gouvernement américain.

La politique de la Maison Blanche est de répondre à toute pétition qui atteint les 100 000 signatures dans les 30 jours. La pétition en soutien à Snowden a atteint cette marque en deux semaines.

La Maison Blanche n'a pas indiqué quand elle entend répondre à la pétition, une attitude coutumière à l'égard de ces pétitions en raison des implications juridiques. De plus, l'ultime réponse résidera dans les actions du gouvernement dans ses poursuites contre Snowden.

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