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David Veilleux a les atouts pour bien faire au Tour de France, selon Steve Bauer

24/06/2013 04:29 EDT | Actualisé 24/08/2013 05:12 EDT

MONTRÉAL - David Veilleux ne gagnera pas le Tour de France, dont la 100e présentation commencera ce samedi. Mais ne gagez pas contre ses chances de remporter une étape, prévient Steve Bauer.

Selon l'ancien coureur canadien qui a disputé 11 fois le Tour de France de 1985 à 1995, aidant Bernard Hinault à l'emporter en 1985 et Greg Lemond à faire de même l'année suivante, avec l'équipe La Vie Claire, Veilleux pourrait se retrouver dans des circonstances favorisant un coup d'éclat.

Bauer estime que puisqu'Europcar, l'équipe de Veilleux dont Thomas Voeckler et Pierre Rolland sont les chefs de file, n'est pas vraiment en position de remporter le Tour, elle va plutôt viser des victoires d'étape. Ce qui pourrait inciter ses dirigeants à mettre le coureur québécois de 25 ans aux avant-postes, et donc en position de surprendre si les circonstances s'y prêtent.

«Si le rôle de David est de pourchasser des coureurs en échappée, parce qu'ils croient que Rolland a des chances de gagner (une étape), c'est possible, a indiqué Bauer lors d'un entretien téléphonique avec La Presse Canadienne. Si on permet à David de participer à ça, on ne sait jamais. Il pourrait se retrouver dans un sprint à six ou sept à l'approche de la ligne d'arrivée, et avoir une occasion de gagner l'étape.»

Tout dépendra des plans d'Europcar à son endroit. Mais ce qui est 100 pour cent certain c'est que Veilleux, le premier cycliste né au Québec à se voir sélectionner par une équipe inscrite au Tour de France, va trouver une intensité sur le terrain comme il n'en a jamais vu auparavant, prévient Bauer.

«La différence entre le Tour de France et les autres courses, c'est l'importance qu'on y accorde, a noté Bauer, qui a porté le maillot jaune pendant cinq jours lors du Tour de France de 1988 et a fini quatrième cette année-là. Le parcours en tant que tel n'est pas nécessairement plus difficile mais parce que l'enjeu est plus grand, l'intensité de la compétition est décuplée.

«Il y a beaucoup de tension à l'intérieur du peloton, surtout la première semaine, et c'est pourquoi il y a souvent des collisions. Les coureurs n'en finissent plus de lutter pour les meilleures positions et c'est là que David va sentir la différence, a souligné Bauer. L'intensité d'être coude à coude avec les autres sur la route, où personne ne donne plus un seul pouce tout à coup...

«Tout le monde est à son mieux, tout le monde veut gagner, et c'est cette intensité qu'il faut gérer.

«Mais David est un bon coureur. Il maîtrise bien son vélo. Moi, j'étais plutôt bon pour lutter pour une bonne position quand j'avais besoin de le faire, et c'est là un atout important. Et je crois que David a ce genre d'habileté puisqu'il s'est développé au sein du système nord-américain, où les virages sont serrés et rapides. D'ailleurs, toutes les habiletés qu'il a développées au fil des ans vont lui servir maintenant.»

Puisqu'il en sera à sa première expérience au Tour de France, Veilleux vivra une fébrilité qu'il ne retrouvera plus par la suite, peu importe le nombre de fois qu'il disputera cette course d'ici la fin de sa carrière. Cependant, Bauer lui conseille de savourer le moment avant le Tour, puis après... mais pas pendant. Sinon, il risque de manquer le bateau.

«Le niveau d'excitation lié à ton premier Tour n'a pas d'égal, a lancé Bauer. C'est une expérience incroyable en soi. Je me souviens de la première fois que j'ai franchi la ligne d'arrivée à Paris, c'était super excitant, d'autant plus qu'on roulait vers la victoire...

«Et au début, il y a toutes les procédures à suivre, la cérémonie où chaque équipe se présente sur l'estrade... C'est un moment excitant, qui se mêle à l'anxiété parce que la course approche, a raconté Bauer. Puis, une fois la course commencée, tout change, il faut se concentrer.

«Pendant la course, c'est tellement énorme comme événement que tu n'as d'autre choix que d'y aller un jour à la fois, a ajouté le Canadien de 54 ans. Le Tour de France est un véritable monstre qui dure trois semaines, et tu dois être alerte à chaque moment, penser à la récupération, à l'efficacité énergétique... Tu ne peux te permettre la moindre erreur.»

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