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La présidente du Brésil propose un référendum pour une réforme politique

24/06/2013 05:48 EDT | Actualisé 24/08/2013 05:12 EDT
AFP

BRASILIA - La présidente du Brésil Dilma Rousseff a proposé lundi à Brasilia un référendum sur la "réforme politique dont a tant besoin le pays", secoué par un mouvement de protestation historique et a annoncé le déblocage de 18,5 milliards d'euros pour les transports publics.

Le coût des transports urbains et leur piètre qualité avaient embrasé le pays ces dernières semaines en pleine Coupe des confédérations de Football et des préparatifs coûteux pour accueillir l'an prochain la Coupe du monde (Mondial). Les manifestants, dont une délégation a été reçue lundi par la présidente, ont accepté le dialogue avec le pouvoir mais ont fait savoir qu'ils ne cesseraient pas leur lutte pour la gratuité des transports pour autant.

Mme Rousseff, de son côté, a également promis de criminaliser la corruption en la rendant passible des peines les plus sévères.

Réitérant sa ferme volonté d'écouter "la voix de la rue", la présidente du Brésil a fait ses annonces lors d'une réunion publique avec les gouverneurs et maire du pays dans la capitale.

"Je veux proposer un débat sur la convocation d'un plébiscite populaire qui autorise le fonctionnement d'un processus constituant spécifique pour mener la réforme politique dont le pays a tant besoin", a-t-elle déclaré.

"Le Brésil est mûr pour avancer et il a clairement dit qu'il ne veut pas rester là où il est", a ajouté Mme Rousseff, en écho aux manifestations massives, souvent émaillées de violences et d'actes de vandalisme dans tout le pays depuis deux semaines.

La présidente brésilienne n'a pas précisé quel type de réforme politique elle envisageait pour garantir un meilleur fonctionnement des institutions.

Un référendum ne peut être convoqué au Brésil que par le parlement, où le Parti des travailleurs (PT) au pouvoir n'a pas la majorité absolue et gouverne avec une coalition de partis.

La dernière assemblée constituante au Brésil remonte à 1986, au lendemain de la dictature militaire (1964-85).

Investissement dans les transports publics

Outre le référendum Mme Rousseff a annoncé que "le gouvernement destinera 50 milliards de reais (plus de 25 milliards de $) à de nouveaux investissements en travaux de mobilité urbaine" pour améliorer les transports en commun dans le pays.

La construction de métros doit être privilégiée a-t-elle indiqué. L'autobus demeure le moyen de transport le plus utilisé par les 194 millions de Brésiliens, alors que l'augmentation constante du nombre de voitures dans le pays provoque un trafic de plus en plus chaotique dans la plupart des grandes villes.

"La lutte continue. La lutte pour la gratuité (des transports) pour tout le monde continue", a réagi la représentante du mouvement "Passe livre" (ticket de transport gratuit, ndlr), Mayara Longo Vivian.

"Le dialogue est un pas important, mais sans actions concrètes qui confirment les améliorations pour la population il n'existe pas de progrès", a-t-elle ajouté.

Le mouvement de protestation brésilien, animé sur les réseaux sociaux par des jeunes de la classe moyenne fortement remontés contre la classe politique, était né pour s'opposer à une hausse de 7% du tarif des transports en commun dans les grande villes.

Mme Rousseff a reçu lundi, avant les gouverneurs et les maires, quatre dirigeants du Mouvement "Passe livre" (ticket de bus gratuit, ndlr) à l'origine de la fronde à Sao Paulo (sud).

"La lutte continue" ont annoncé des représentants de ce mouvement après le discours de Mme Rousseff, tout en se félicitant de l'ouverture du dialogue avec les autorités.

Les pouvoirs publics avaient fini la semaine dernière par reculer sous la pression en renonçant à cette hausse des prix des tickets de transports publics.

Mais cela n'a pas empêché le mouvement de grossir de façon spectaculaire pour fustiger pèle-mêle l'indigence des services publics de base, la classe politique et la corruption qui gangrène le pays.

Jeudi dernier, 1,2 millions de Brésiliens avaient manifesté du nord au sud pour crier leur ras-le-bol général.

Sur les réseaux sociaux, les internautes brésiliens discutent de la façon de poursuivre le mouvement. Ils doivent notamment décider si les manifestations seront spontanées ou organisées à des dates fixes.

Des appels à paralyser le pays le 1er juillet par une grève générale circulent notamment sur la toile.

De nombreux manifestants stigmatisent les sommes colossales engagées par le pays - 11 milliards d'euros - investies pour l'organisation du Mondial-2014 au détriment des transports, de la santé ou de l'éducation.

Ces critiques ont trouvé une caisse de résonance très forte alors que se déroule actuellement, jusqu'à dimanche, la Coupe Fifa des Confédérations de football, répétition générale en miniature de la Coupe du Monde.

Mais si les trois-quarts des Brésiliens soutiennent le mouvement de protestations, ils sont 67% a approuver malgré tout l'organisation du Mondial au Brésil, selon un sondage publié samedi.

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