WASHINGTON - Les États-Unis ont révoqué le passeport d'Edward Snowden, inculpé et recherché par Washington pour espionnage, a indiqué dimanche une source proche du dossier, sans donner plus de détails.

L'Américain Edward Snowden, ancien sous-traitant informatique de l'Agence nationale de sécurité américaine (NSA) et source de révélations sur de vastes programmes de surveillance des communications, a quitté Hong Kong dimanche pour Moscou. Il a demandé l'asile à l'Equateur, selon le ministre équatorien des Affaires étrangères.

Les États-Unis ont réaffirmé dimanche leur détermination à ramener Edward Snowden sur leur territoire afin de le juger pour espionnage.

La justice américaine a inculpé d'espionnage M. Snowden, et demandé aux autorités hongkongaises de l'arrêter pour l'extrader, mais l'Américain a pu embarquer dimanche à bord d'un vol Aeroflot pour Moscou, où il est arrivé en fin d'après-midi.

Le ministre des Affaires étrangères de l'Equateur Ricardo Patiño a ensuite annoncé sur Twitter qu'Edward Snowden avait demandé l'asile à son pays.

"La chasse est lancée", a confirmé dimanche Dianne Feinstein, la très bien informée présidente de la commission du Renseignement du Sénat américain. "Je veux qu'il soit attrapé et ramené pour être jugé. Nous devons savoir ce qu'il détient. Il pourrait avoir beaucoup, beaucoup plus, et risquer de mettre en danger des gens", a-t-elle expliqué sur la chaîne CBS.

L'élue a estimé que M. Snowden pourrait détenir plus de 200 documents, citant ses propres sources.

"Je ne pense pas que cet homme soit un +lanceur d'alerte+ ("whistleblower"), quelles que soient ses motivations", a-t-elle dit. "Il aurait pu choisir de rester" aux Etats-Unis, "je ne pense pas que fuir soit noble".

"La Chine a évidemment joué un rôle dans tout cela", a-t-elle ajouté. "Je ne pense pas que cela soit seulement Hong Kong, sans l'aval de la Chine".

Réagissant au départ de M. Snowden de Hong Kong, le département américain de la Justice a déclaré que Washington travaillerait avec les Etats où pourrait se rendre celui qu'il considère comme un fugitif, afin d'obtenir son extradition.

"Nous avons été informés par les autorités de Hong Kong que M. Snowden était parti de Hong Kong pour un pays tiers. Nous continuerons de discuter de ce sujet avec Hong Kong et mènerons la coopération policière adéquate avec les autres pays où M. Snowden pourrait tenter de se rendre", a affirmé dans un communiqué une porte-parole, Nanda Chitre.

Omniprésente dans les émissions de télévision dominicales américaines, la nouvelle de la fuite de M. Snowden a provoqué la colère de parlementaires contre Pékin et Moscou, deux puissances avec lesquelles les relations de Washington sont tendues.

Le sénateur Chuck Schumer, troisième démocrate le plus important de la chambre haute, y a vu la main du président russe, Vladimir Poutine.

"Poutine semble toujours content de provoquer les Etats-Unis, que ce soit sur la Syrie, l'Iran et maintenant bien sûr sur Snowden", a-t-il déclaré sur la chaîne CNN. "Cela aura des conséquences graves sur les relations entre les Etats-Unis et la Russie".

Réagissant à de premières informations évoquant un transit de M. Snowden par Moscou pour se rendre ensuite à Cuba puis au Venezuela, Mike Rogers, président de la commission du Renseignement à la Chambre des représentants, a appelé à utiliser "tous les moyens juridiques pour le ramener aux Etats-Unis".

"Chacun de ces pays est hostile aux Etats-Unis. S'il pouvait aller en Corée du Nord ou en Iran, Snowden pourrait en faire une tournée des Etats oppressifs", a raillé le républicain sur la chaîne NBC.

"La Russie veut revenir sur la scène mondiale et ils s'en fichent de le faire d'une façon qui n'est pas un modèle de citoyen du monde", a-t-il ajouté. "Ils ont un réseau de renseignement très agressif aux Etats-Unis. Je suis sûr qu'ils adoreraient prendre un café avec Snowden et avoir une conversation avec lui".

Le directeur de la NSA, le général Keith Alexander, a quant à lui indiqué sur la chaîne ABC que l'agence d'espionnage avait changé ses mots de passe et modifié ses procédures pour mieux contrôler l'accès des administrateurs réseaux, comme M. Snowden, à des informations confidentielles.