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«World War Z», des zombies par millions! (CRITIQUE/PHOTOS)

22/06/2013 05:55 EDT | Actualisé 22/08/2013 05:12 EDT
Courtoisie

Les morts-vivants sont de retour dans World War Z de Marc Forster (Finding Neverland, Quantum of Solace). Mais ceux-là sont loin d'être de simples créatures errantes et amorphes comme la culture populaire avait l'habitude jusqu'ici de nous les montrer. Ils courent dorénavant comme des forcenés à travers les rues des grandes capitales mondiales où rien ne semble pouvoir les arrêter, pas même Brad Pitt qui fera tout de même tout son possible pour sauver l'humanité.

Des zombies en voulez-vous, en voilà. Ils apparaissent d'ailleurs dès les premières scènes du film. Lorsque Gerry Lane (Brad Pitt), un ex-employé de l'ONU, se retrouve avec sa femme Karen (Mireille Enos) et ses deux filles, témoin d'une attaque de zombies en plein jour dans les rues de Philadelphie, il n'a d'autre choix que de fuir au plus vite. Mais pour aller où au juste? La menace est internationale. Tous les pays sont touchés et la survie de la race humaine diminue aussi vite que le nombre de zombies augmente.

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Gerry Lane qui a réussi in extremis à se réfugier lui et sa famille sur un porte-avions stationné en pleine mer doit donc reprendre du service. Ses supérieurs le pressent de retrouver le fameux patient zéro, le premier infecté par cette maladie qui transforme monsieur tout le monde en zombie blafard. Accompagné par une poignée de militaires et de scientifiques, il s'envole pour un périple qui le mènera de la Corée du Sud jusqu'en Israël, en passant par le pays de Galles.

Malgré quelques incongruités scénaristiques, World War Z est une superproduction menée tambour battant. Entre les explosions et les courses poursuites, l'apparition des morts-vivants est généralement spectaculaire et assez réaliste. Pixélisés dans les moindres détails, ils cavalent par centaine de milliers durant les nombreuses scènes d'action. À ce titre, la séquence où ils tentent de gravir tels des insectes sortant d'une fourmilière un mur immense entourant la vieille ville de Jérusalem est à couper le souffle.

Néanmoins, autant d'effets numériques n'arrivent pas à dissimuler les lacunes de World War Z. Elles s'accumulent tout au long d'un récit post-apocalyptique qui va décidément trop vite. Entre deux placements publicitaires parfois grossiers, le spectateur n'a généralement jamais le temps de s'identifier à quiconque. Le réalisateur a privilégié les pétarades en oubliant le côté humain. C'est dommage.

Du côté des zombies, ce n'est pas mieux. Ils sont franchement ratés. Ils ont beau être de vrais paquets de nerfs, ils ne sont jamais très impressionnants. Pire encore, ils ne font pas peur du tout. Pour un mort-vivant, c'est quand même un peu fâcheux. Et puis, à quoi bon mettre en scène des créatures affamées si l'on ne les voit jamais manger de la chair fraîche? Les amateurs de véritables films de zombies comme les classiques Dawn of the Dead et The Evil Dead risquent d'être fort déçus. Point de cervelles dégoulinantes ou d'amputations violentes, seulement des claquements de dents plutôt risibles.

On est loin du livre éponyme publié en 2006 et écrit par Max Brooks, le fils du réalisateur Mel Brooks dont est adapté le long-métrage. L'écrivain qui n'a jamais caché sa fascination pour les zombies raconte au fil des pages composées uniquement d'entrevues et de rapports gouvernementaux une guerre sans merci entre l'homme et les morts-vivants. Un roman d'horreur hallucinant et glacial qui arrive à dépasser l'anecdotique pour se focaliser sur la survivance.

Plus qu'un bouquin sur les morts-vivants, l'œuvre littéraire explore des questions philosophiques contemporaines en mettant en lumière l'incapacité des États à réagir en cas de catastrophes. N'en déplaise à ses 200 millions de dollars de budget et ses 200 millions de zombies numériques, le film ne parvient pas à se hisser à la hauteur.

World War Z - Paramount - Drame d'horreur - 116 minutes - Sortie en salles le 21 juin 2013 - États-Unis.

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"World War Z"