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Une ONG expulsée par la force à Moscou

22/06/2013 08:25 EDT | Actualisé 22/08/2013 05:12 EDT

Les autorités russes ont expulsé par la force de ses locaux de Moscou les membres d'une ONG, dans la nuit de vendredi à samedi.

Le directeur de l'organisme Pour les droits de l'homme, Lev Ponomaryov, s'est dit persuadé que le raid avait été ordonné en haut lieu par l'administration de Vladimir Poutine.

La police antiémeute et des représentants de la mairie de Moscou se sont ainsi présentés à 2h du matin dans les locaux de Pour les droits de l'homme, expulsant six employés ou sympathisants de l'ONG, a déclaré Lev Ponomaryov.

« Ils nous ont traités très durement. J'ai été traîné par terre et j'ai reçu des coups de pied », a dit par téléphone le directeur de l'ONG, qui est âgé de 72 ans.

Un représentant de la municipalité, Maxime Gaman, a déclaré à l'agence de presse RIA que le bail de l'ONG avait pris fin le 27 mai. Lev Ponomaryov a répondu que son association n'avait pas reçu d'ordre d'expulsion par écrit, qu'il s'attendait à renouveler le bail comme les années précédentes et que le paiement des loyers était à jour.

« Tout cela est entièrement illégal », a affirmé M. Ponomaryov.

De son côté, le médiateur russe pour les droits de l'homme, Vladimir Loukine, a déclaré avoir été empêché d'assister au raid, ce qu'il a qualifié de « violation flagrante de la loi constitutionnelle fédérale ».

Pour les droits de l'homme est l'une des plus connues des centaines d'ONG soumises à des inspections de l'État depuis une loi adoptée l'an dernier par la Russie, qui contraint les ONG financées par des fonds étrangers et impliquées dans des « activités politiques » à s'enregistrer en tant qu'« agent étranger ».

Pour ses détracteurs, cette loi est une manière pour le président Vladimir Poutine de faire taire l'opposition après les grandes manifestations qui ont suivi les législatives de décembre 2011 et sa prise de fonction pour un troisième mandat présidentiel en mai 2012.

En avril, le ministère de la Justice dit avoir demandé aux tribunaux de fermer ou de suspendre l'activité de près de 9000 ONG et réclamé des amendes à 5000 autres.

Reuters

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