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Plus de 250 000 personnes manifestent dans les rues de villes brésiliennes

22/06/2013 06:29 EDT | Actualisé 22/08/2013 05:12 EDT

SAO PAULO - Plus de 250 000 manifestants anti-gouvernement sont à nouveau descendus dans les rues de plusieurs villes du Brésil, samedi, et se sont heurtés à la police lors d'incidents isolés mais violents.

La colère envers la corruption politique est devenue le thème unificateur des protestataires, qui se sont engagés à demeurer dans les rues jusqu'à ce que des gestes concrets soient posés pour réformer le système politique.

À travers le pays, des individus se sont rassemblés pour dénoncer une loi, connue sous le nom de PEC 37, qui limiterait le pouvoir des procureurs fédéraux d'enquêter sur des crimes. Plusieurs craignent que cette loi nuise aux tentatives d'emprisonner les politiciens corrompus.

Des procureurs fédéraux sont d'ailleurs responsables d'une enquête sur la plus importante affaire de corruption de l'histoire du Brésil, un système de paiement contre des votes mis au jour en 2005 et qui impliquait d'importants conseillers de l'ex-président Luiz Inacio Lula da Silva.

L'an dernier, la Cour suprême a condamné une vingtaine de personnes dans ce dossier, qui a été présenté comme un moment charnière de la lutte contre la corruption au Brésil.

Les condamnés n'ont cependant pas encore été emprisonnés en raison d'appels, un délai qui a enragé les citoyens.

«[La présidente] Dilma Roussef sous-estime la détermination du peuple sur la question de la corruption», a déclaré Mayara Fernandes, une étudiante en médecine qui a participé à une manifestation à Sao Paulo qui a attiré environ 30 000 personnes samedi.

«Elle a parlé, et parlé et n'a rien dit. Personne ne peut endurer la corruption de ce pays.»

Ailleurs au Brésil, environ 60 000 personnes se sont rassemblées sur une place centrale de la ville de Belo Horizonte, en plus des 30 000 à Sao Paulo et des quelque 30 000 dans une ville du sud du pays.

À Belo Horizonte, la police a utilisé des gaz lacrymogènes et des balles de caoutchouc pour disperser les protestataires qui tentaient de franchir une barrière.

Mme Rousseff a prononcé un discours de 10 minutes, vendredi soir, pour défendre le droit de manifester pacifiquement, tout en condamnant fortement la violence, le vandalisme et le pillage.

Elle a promis d'être plus dure face à la corruption, et a annoncé qu'elle rencontrerait des manifestants pacifiques, des gouverneurs et les maires des grandes villes pour créer un plan national visant à améliorer le transport urbain, en plus d'utiliser les redevances pétrolières pour investir en éducation.

La majeure partie de la grogne derrière les manifestations concerne les tarifs élevés des autobus, les impôts élevés et les mauvais services publics comme l'éducation et la santé.

Plusieurs Brésiliens, choqués par une semaine de manifestations et de violences, espéraient que les mots de Mme Rousseff aideraient à apaiser les tensions.

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