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Les États-Unis négocient à Hong Kong l'extradition de Snowden

22/06/2013 05:10 EDT | Actualisé 21/08/2013 05:12 EDT

Des responsables américains sont à Hong Kong pour négocier l'extradition d'Edward Snowden, l'ancien sous-traitant de la National Security Agency (NSA) à
l'origine de la révélation du programme de surveillance Prism, a annoncé samedi la Maison-Blanche.

« Nos responsables de l'application de la loi sont actuellement en conversation avec les autorités de Hong Kong", a déclaré à CBS Tom Donilon, conseiller de Barack Obama pour la sécurité nationale.

La Maison-Blanche a rapidement fait pression sur les autorités de Hong Kong, en les exhortant à agir vite pour décider l'extradition.

« Si Hong Kong n'agit pas bientôt, cela compliquera nos relations bilatérales et soulèvera des questions sur l'engagement de Hong Kong vis-à-vis de l'État de droit », a
déclaré un responsable de l'administration Obama.

Selon le South China Morning Post, le journal anglophone de Hong Kong, Edward Snowden, inculpé d'espionnage par la justice américaine, n'est pas aux mains de la police, mais se trouve « en lieu sûr ».

« Contrairement à certaines informations, l'ancien analyste de la CIA n'a pas été incarcéré, il n'est pas sous la protection de la police, mais se trouve ''en lieu sûr'' à Hong Kong », écrit le journal.

La police de l'ancienne colonie britannique s'est refusée à tout commentaire, se contentant d'indiquer que les autorités de Hong Kong traiteraient cette affaire conformément à la loi du territoire.

Hong Kong est un territoire qui appartient à la Chine, mais bénéficie d'une certaine autonomie héritée de la colonisation britannique, notamment d'un système judiciaire indépendant.

Edward Snowden, qui s'est réfugié à Hong Kong début juin, est accusé par le gouvernement américain de vol de biens de l'État, de transmission non autorisée d'informations relevant de la défense nationale et de divulgation de renseignements classifiés à une personne non autorisée.

Snowden risque 10 ans de prison

Les deux dernières infractions tombent sous le coup de la loi des États-Unis sur l'espionnage, ce qui pourrait valoir à Snowden des sanctions financières ainsi qu'une peine de dix ans de prison.

La plainte au pénal, sous scellé et datée du 14 juin, a été déposée au tribunal du district oriental de Virginie, où se trouve Booz Allen Hamilton, la société qui employait
l'informaticien.

Edward Snowden a reconnu être à l'origine des fuites sur l'existence d'un vaste programme de surveillance des communications téléphoniques et via Internet.

Il a également affirmé que la NSA piratait depuis 2009 les ordinateurs d'institutions appartenant à l'ancienne colonie britannique, ainsi qu'à la Chine.

Ses révélations, publiées début juin par le Guardian et le Washington Post, montrent comment la NSA a amassé quantité de données téléphoniques et numériques provenant de compagnies telles que Verizon, Google, Apple et Facebook.

Le parquet dispose maintenant de 60 jours pour prononcer un acte d'accusation, selon le Post, qui précise que le traité d'extradition liant Hong Kong aux États-Unis comporte une exception pour les délits politiques et que l'espionnage est considéré comme un délit politique.

Les autorités islandaises ont refusé de dire si elles réserveraient un sort favorable à une éventuelle demande d'asile d'Edward Snowden, ce dernier ayant cité l'Islande parmi les pays où il pourrait chercher à s'installer. 

Reuters

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