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Le Brésil victime d'un complot orchestré par des forces étrangères, dit le premier ministre turc

22/06/2013 01:51 EDT | Actualisé 22/08/2013 05:12 EDT
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Turkish Prime Minister Recep Tayyip Erdogan speaks during a joint press conference with his Tunisian counterpart in Tunis on June 6, 2013. Erdogan said that members of a 'terrorist organisation' were taking part in deadly anti-government protests sweeping Turkey and refused to cancel a controversial Istanbul development plan that sparked them. AFP PHOTO / FETHI BELAID (Photo credit should read FETHI BELAID/AFP/Getty Images)

ISTANBUL - La police turque a utilisé des canons à eau pour disperser des milliers de personnes rassemblées sur la place Taksim à Istanbul, samedi, afin de participer à une cérémonie de commémoration en souvenir de quatre individus tués lors de récentes manifestations anti-gouvernementales.

Les agents ont par la suite tiré des balles de caoutchouc et des gaz lacrymogènes, en plus de frapper certains manifestants à coups de matraque, le tout dans le but de disperser les gens regroupés dans des rues transversales.

Cette action policière survient alors que le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré que les présumés conspirateurs étrangers responsables du mouvement anti-gouvernemental dans son pays fomenteraient aussi la révolte au Brésil.

«Les symboles sont les mêmes, les affiches sont les mêmes, Twitter et Facebook sont les mêmes, les médias internationaux sont les mêmes. Les manifestations sont dirigées à partir du même centre», a-t-il lancé.

M. Erdogan s'adressait samedi à des dizaines de milliers de ses partisans à Samsun, une ville bordant la mer Noire, dans le dernier arrêt d'une série de rassemblements tenus dans toute la Turquie pour consolider ses appuis politiques.

Le premier ministre, dont le gouvernement a largement contribué à accroître la croissance économique du pays, avait déjà déclaré que des forces étrangères, des banquiers et des médias — turcs et étrangers —, avaient provoqué les manifestations parce qu'ils cherchaient à nuire aux intérêts de la Turquie. À Samsun, il a affirmé que le Brésil, qui constitue une autre puissance émergente, était victime du même complot étranger visant la déstabilisation du pays.

Les protestations agitant la Turquie ont été déclenchées il y a trois semaines, alors que les forces policières ont violemment réprimé des militants pacifiques qui manifestaient contre un projet d'urbanisation de la place Taksim, à Istanbul. L'affaire a déclenché une série d'autres manifestations ailleurs au pays, devenant une manière pour les Turcs d'exprimer leur insatisfaction à l'égard de M. Erdogan, qu'ils accusent de prendre un virage autoritaire.

Le premier ministre a rejeté en bloc ces accusations, renvoyant constamment aux résultats des élections de 2011, qui l'avaient reporté au pouvoir avec 50 pour cent des votes.

Samedi, des manifestants ont convergé vers la place Taksim, où ils ont déposé des gerbes de fleurs pour saluer la mémoire d'au moins trois manifestants et un policier tués lors des protestations. Pendant près de deux heures, la foule a scandé des slogans anti-gouvernementaux et demandé la démission de M. Erdogan avant que la police n'exige qu'ils ne quittent la place.

Certains protestataires ont tenté de donner des gerbes aux forces de sécurité surveillant la place, criant: «Police, ne trahis pas ton peuple.» Mais après que leurs avertissements pour se disperser eurent été ignorés, les policiers ont repoussé la foule avec des canons à eau, allant même jusqu'à poursuivre les manifestants dans les rues avoisinantes et, apparemment, bloquer les entrées de la place.

On ne rapportait aucun blessé pour l'instant.

Des images de l'agence de presse Dogan ont montré deux policiers utilisant leurs matraques pour frapper des manifestants. Dans la capitale, Ankara, la police a également utilisé les canons à eau et le gaz lacrymogène pour disperser des centaines de protestataires qui se sont rassemblés dans deux quartiers, et qui désiraient marcher vers la principale place de la ville.

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