Le Canada est membre d'une alliance «symbolique» contre les agressions sexuelles

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OTTAWA - Une conférence de presse tenue en début de semaine a vanté l'adhésion du Canada à une alliance mondiale contre les agressions sexuelles envers les enfants, mais un document interne révèle que le geste était plutôt «symbolique», et n'impose aucune obligation au gouvernement fédéral.

Le ministre de la Justice Rob Nicholson a annoncé la nouvelle le 17 juin à Toronto, accompagné par les dirigeants de groupes canadiens qui luttent contre les agressions envers les enfants en ligne et ailleurs.

M. Nicholson a reconnu qu'aucun pays ne peut lutter seul contre ces crimes, et a dit avoir hâte de travailler avec d'autres pays au sein de la Global Alliance Against Child Sexual Abuse, formée en décembre par les États-Unis et plus de 40 autres pays.

La directrice du Canadian Centre for Abuse Awareness a vivement appuyé l'adhésion du Canada lors de la conférence de presse.

Selon Ellen Campbell, il s'agit d'un pas en avant pour traîner les criminels en justice.

Une note donnée en février au ministre indique cependant que la participation au sein de l'alliance est «symbolique» et «non-contraignante».

«L'adhésion à l'alliance n'impliquera pas des redditions de comptes onéreuses ou des ressources», mentionne le document, obtenu par La Presse Canadienne en vertu de la loi sur l'accès à l'information.

«En effet, le membership est symbolique, et il n'y aura pas d'obligations imposées au Canada ou à tout autre État membre.»

Le Canada a été invité à se joindre à ce regroupement en juillet dernier par des responsables américains et de l'Union européenne.

Le gouvernement fédéral avait tout d'abord refusé d'accepter immédiatement l'invitation, mais a tout de même envoyé deux observateurs à Bruxelles, le 5 décembre, pour le lancement de la nouvelle organisation.

«Le Canada a clairement indiqué qu'il avait assisté à la rencontre du 5 décembre en tant qu'observateur, et ne s'était pas engagé à rejoindre l'alliance à ce moment-là», mentionne la note de breffage datée du 6 février.

Lors de la réunion, les pays membres ont promis de s'engager à respecter des cibles politiques et d'autres objectifs.

En conférence de presse à Toronto, le ministre Nicholson a précisé que le nouveau membership du Canada «mènera à l'officialisation de l'intention de partager des informations et de coopérer avec de nombreux pays dans le cadre des enquêtes» liées aux agressions sexuelles.

M. Nicholson en a également profité pour revenir sur les lois conservatrices adoptées depuis 2006 pour protéger les enfants.

Une porte-parole ministérielle a défendu le membership canadien, soulignant que les cibles politiques communes comprenaient des efforts supplémentaires pour identifier les victimes, en plus de leur offrir appui et protection.

«Il s'agit d'un crime international, nécessitant une réponse internationale», a dit Julie Di Mambro par courriel.

«Le Canada doit continuer de travailler avec des pays aux visions similaires pour combattre ce scandaleux crime.»

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