BIEN-ÊTRE

Réduire les temps d'attente aux aéroports: c'est pour demain

21/06/2013 05:34 EDT | Actualisé 21/08/2013 05:12 EDT

Pour les voyageurs excédés par les heures d'attente et de contrôles aux aéroports, les solutions des grands groupes français en démonstration au salon aéronautique du Bourget font rêver.

Plus besoin de se déchausser, de sortir sa trousse de toilette ou l'ordinateur du bagage à mains ni de faire la queue pour présenter son passeport à un policier harassé. Au point de passage du futur, présenté par Morpho, filiale de l'équipementier Safran, le passager ne s'arrête plus à chaque étape du contrôle.

Ses empreintes digitales sont prises à la volée pour pouvoir le suivre le temps du parcours: il passe rapidement la main, dans un sens et puis l'autre, entre deux senseurs. Il pose son bagage à main dans un nouveau détecteur de molécules qui recherche drogue et explosifs, et traverse un sas où laser et senseurs font la même recherche sur lui.

Ce n'est qu'en fin de parcours que le voyageur dont le bagage ou les vêtements ont déclenché une alerte subira un contrôle plus approfondi dans une zone de sécurité. "S'il n'a pas de problème, vous passez sans vous arrêter, explique Bernard Didier, fondateur de Morpho. On arrêtera moins souvent, et sur la base d'informations beaucoup plus précises".

Au contrôle de police, c'est une caméra de reconnaissance faciale qui vérifie que le passager est bien le porteur du passeport biométrique qu'il a posé sur un lecteur automatique.

Ce dernier système est déjà utilisé par l'Australie et la Nouvelle Zélande qui l'a mis en place pour accueillir la coupe du monde de rugby, en 2011, précise Jean-Paul Jainsky, PDG de Morpho.

Car tout le système proposé par Morpho est modulable. Ainsi, la technologie de la prise des empreintes digitales à la volée intéresse les pays du Golfe. Le sas de détection est en phase pilote en Grande-Bretagne.

Le marché de la sécurité en plein boom

Au salon du Bourget, l'aéroport de Bahrein a été le premier à choisir l'ensemble intégré pour un projet pilote en 2014, selon un communiqué publié jeudi par Morpho.

Cette société, numéro un mondial de la biométrie et des documents d'identification, emploie 9.000 personnes dans le monde et génère déjà 14% des revenus du groupe Safran. Son objectif à cinq ans est de monter à 20%, indique M. Jainsky.

Avec un nombre de passagers qui devrait doubler en 20 ans, de 3 à 6 milliards par an, le marché de la sécurité des aéroports est en plein boom.

Il a même fait un bond de 4,5% à près de 13% l'année dernière, précise Yves Giniaux, directeur du marketing et de la stratégie des activités aéroportuaires du groupe Thales.

"Les grands terminaux sont de plus en plus en concurrence entre eux. L'enjeu pour eux est d'appliquer des réglementations de sécurité de plus en plus strictes en étant le plus attractif possibles et en rendant le parcours du passager agréable", explique-t-il.

Thales leur propose une solution intégrée qui permet d'avoir en temps réel une vue globale de ce qui se passe dans l'aéroport. Le système, modulable, a déjà été vendu aux aéroports de Dubaï aux Emirats Arabes Unis, de Doha au Qatar, de Durban en Afrique du sud et de Pise en Italie, selon M. Giniaux.

Avec cette solution, l'opérateur de l'aéroport, les compagnies aériennes, les services de police et de douane, les contrôleurs aériens, et tous les autres acteurs peuvent visualiser sur deux écrans toute l'activité de la plate-forme et communiquer entre eux.

Les engorgements, les alertes de sécurité --un aéroport comme Roissy Charles de Gaulle connaît en moyenne trois alertes pour bagage abandonné par jour-- sont ainsi instantanément signalés.

Les passagers peuvent être informés en amont d'un changement de porte d'embarquement, voire même, en approchant en voiture de l'aéroport, être dirigés vers la place de parking la plus proche.

pmr/bpi/spi