Accepter que deux résidents s'embrassent ou frapper à la porte avant d'entrer dans une chambre: la question de l'intimité et de la sexualité des personnes âgées en institution est au coeur d'une démarche inédite de formation du personnel soignant entreprise par un groupement de maisons de retraite du Finistère, en France.

"Quand je fais des petits bisous, c'est dans la chambre", assure Marcelle Plougoulm, 67 ans, résidente de l'espace Jacques Brel, une des trois maisons de retraite gérées par les municipalités de Guipavas et du Relecq-Kerhuon, non loin de Brest.

"Il y a des gens qui sont jaloux de nous voir ensemble, c'est pour ça qu'on ne se montre pas, on ne fait jamais de baisers devant tout le monde", assure Marcelle, en serrant tendrement la main de son compagnon, Jean-Noël Michel, 70 ans.

La sexualité n'a pas d'âge

Partant du constat de la difficulté pour une personne en maison de retraite de vivre une sexualité et une vie affective et sentimentale épanouie, le Syndicat intercommunal à vocation unique des Rives de l'Elorn (SIVU Elorn) --qui gère les trois établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) des deux municipalités-- a entrepris de faire évoluer les représentations du personnel soignant via un programme de formation.

Celui-ci vise à poser les bases physiologiques du besoin affectif des aînés, puis à amener le personnel soignant à parler des situations qui l'ont mis mal à l'aise, explique Eric Seguin, le jeune directeur du SIVU Elorn, citant le cas d'une vieille dame qui avait demandé à pouvoir "utiliser le pommeau de douche pour autre chose que sa toilette".

"Il s'agit d'accompagner les professionnels à l'idée que la sexualité et la vie affective n'ont pas d'âge", précise Eric Seguin, qui estime que le sujet n'est généralement pas abordé "par pudeur, timidité et méconnaissance".

"Quand on doit faire la toilette d'un homme c'est toujours un peu délicat, on peut tomber aussi sur des personnes qui se masturbent", témoigne Cécile Le Bescond, 38 ans, assistante de soin en gérontologie et aide médico-psychologique de l'un des établissements.

"Ne pas tout contrôler"

"Permettre la sexualité en institution, c'est penser l'intimité des lieux en séparant lieux privés et publics, en pensant la chambre comme un domicile, en permettant à la personne âgée d'avoir un espace où elle puisse se retrouver seule avec elle-même", assure Eric Seguin. "C'est aussi prendre le risque de ne pas tout contrôler et laisser une place à une vie secrète de l'institution, aux portes closes et aux lumières éteintes..."

Venue mardi à la maison de retraite Georges Brassens de Guipavas pour "saluer une initiative très innovante", la ministre chargée des Personnes âgées, Michèle Delaunay, a rappelé que "le droit à la vie privée et donc à l'intimité fait partie des droits fondamentaux des personnes".

"Nous devons nous emparer de cette question des droits et libertés de manière systématique et générale et ce questionnement sera inclus dans le projet de loi qui est le mien", a-t-elle assuré, à propos du texte sur l'autonomie des seniors qui doit être présenté d'ici la fin de l'année.

La formation, suivie par une centaine de personnels et soutenue par la Fondation de France, vise aussi à sensibiliser infirmières et aide-soignantes à l'arrivée en plus grand nombre dans les maisons de retraite des hommes, issus de la génération du baby boom et qui vont connaître des gains d'espérance de vie supérieurs à ceux des femmes.

"Demain, il y aura plus d'hommes, donc la probabilité d'avoir des couples dans l'institution va progresser", assure Eric Seguin, dont les trois établissements accueillent actuellement 90% de femmes... au grand dam de certaines.

"Il n'est pas question de se mettre avec eux (les hommes de la résidence, ndlr.), ils sont en bien plus mauvais état que nous", regrette Marie-Josèphe Blons, 81 ans.

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