La première ministre du Québec, Pauline Marois, exclut la tutelle pour Montréal, mais estime que le maire de Montréal, Michael Applebaum, doit démissionner

Réagissant à l'arrestation du maire par l'UPAC, elle a déclaré qu'il s'agissait d'« une triste nouvelle, mais il n'y aura pas de mise en tutelle ».

Elle a expliqué sa décision en indiquant qu'il s'agit d'une personne mise en accusation pour des faits qui remontent à l'époque où Michael Applebaum était maire de son arrondissement.

« Il y a à Montréal des élus qui ne sont pas accusés et qui forment une coalition et donc il y a un contrepoids. Il n'y a pas de raison qui justifierait de mettre Montréal en tutelle présentement. »

Elle souhaite cependant que le maire se retire de ses fonctions et elle exclut la possibilité de devancer les élections municipales du 3 novembre.

Le ministre des Affaires municipales, Sylvain Gaudreault, sur les ondes de RDI lundi avait dit plus tôt que le maire Applebaum doit quitter ses fonctions dès que possible pour se concentrer sur les accusations qui pèsent contre lui.

« Nous pensons que M. Applebaum, pour le bien des Montréalais, pour préserver l'institution qu'est la Ville de Montréal, doit annoncer qu'il quitte, qu'il se retire », a dit le ministre des Affaires municipales, Sylvain Gaudreault, sur les ondes de RDI lundi.

« Selon la loi 10, on peut suspendre un élu de ses fonctions. Mais nous ne croyons pas que nous devons nous rendre là. Nous appelons M. Applebaum à prendre ses responsabilités. La meilleure chose à faire dans ce contexte, c'est de se retirer », ajoute-t-il.

Concernant la marche à suivre advenant la démission du maire, le ministre Gaudreault juge que l'administration municipale actuelle est apte à prendre en main les dossiers en cours.

« Il y a présentement un conseil exécutif de coalition. L'administration fonctionne, les projets suivent leur cours. On est en lien constant avec la Ville. Le conseil exécutif et le conseil municipal doivent se réunir une fois que M. Applebaum aura démissionné pour décider de la suite des choses », affirme-t-il, ajoutant que la nomination d'un maire par intérim serait la procédure normale à suivre, comme ce fut le cas lors de la démission de Gérald Tremblay.

Le ministre exclut toutefois la mise en tutelle de Montréal, comme ce fut le cas à Laval.

« La situation est différente de celle de Laval. Montréal a un directeur général, alors qu'il n'y en avait plus à Laval. Il y a aussi des partis d'opposition à Montréal, il n'y en avait pas à Laval », dit-il.

Le ministre Lisée demande aussi la démission du maire Applebaum

Questionné plus tôt par les journalistes sur les mesures que son gouvernement compte prendre à la suite de l'arrestation du maire de Montréal, le ministre québécois des Relations internationales, et responsable de la région de Montréal, Jean-François Lisée, a lui aussi invité Michael Applebaum à démissionner.

M. Lisée a également indiqué qu'il n'était pas question pour le moment de placer la Ville de Montréal sous tutelle.

« Je pense qu'il n'est pas nécessaire d'envisager cette hypothèse maintenant. Les accusations portent sur un individu pour la gestion d'un arrondissement, donc on n'est pas du tout dans la situation de Laval », a expliqué Jean-François Lisée.

Quant aux faits reprochés au maire de Montréal, le ministre Lisée a déclaré s'en remettre au travail de la police et accorder la présomption d'innocence aux personnes impliquées dans cette affaire tout en rappelant qu'un maire qui fait face à de telles accusations doit se retirer.

« Nous demandons au maire Applebaum de poser le geste responsable qui est de se retirer, de démissionner pour permettre à la Ville de prendre ses dispositions pour la suite des choses. » — Jean-François Lisée, ministre québécois des Relations internationales, responsable de la ville de Montréal
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  • Voir l'article <a href="http://edition.cnn.com/2013/06/17/world/americas/canada-montreal-mayor-arrested/?hpt=hp_t3" target="_blank">en question</a>

  • Voir l'article <a href="http://www.washingtonpost.com/world/the_americas/mayor-of-montreal-canadas-second-largest-city-arrested-at-his-home/2013/06/17/d835836e-d74e-11e2-b418-9dfa095e125d_story.html" target="_blank">en question </a>

  • Voir l'article <a href="http://www.huffingtonpost.com/2013/06/17/michael-applebaum-montreal-mayor-arrested_n_3454139.html" target="_blank">en question </a>

  • Voir l'article <a href="http://www.nytimes.com/2013/06/18/world/americas/montreal-mayor-faces-bribery-charges.html?_r=1&" target="_blank">en question </a>

  • Sur le site du Wall Street Journal

    Voir l'article <a href="http://blogs.wsj.com/canadarealtime/2013/06/17/what-wsj-canada-is-reading-monday-10/" target="_blank">en question</a>

  • Voir l'article <a href="http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2013/06/17/le-maire-de-montreal-arrete_3431480_3222.html" target="_blank">en question</a>

  • Voi l'article <a href="http://www.liberation.fr/monde/2013/06/17/canada-le-maire-de-montreal-arrete-dans-une-enquete-pour-corruption_911484" target="_blank">en question</a>

  • Voir l'article <a href="http://www.sfgate.com/news/crime/article/Mayor-of-Montreal-arrested-4604656.php" target="_blank">en question </a>

  • Voir l'article <a href="http://au.businessinsider.com/montreal-mayor-michael-applebaum-arrest-2013-6" target="_blank">en question </a>

  • En Irlande

    Voir l'article <a href="http://www.independent.ie/world-news/antisleaze-mayor-on-fraud-charges-29351389.html" target="_blank">en question </a>

  • Voir l'article <a href="http://www.independent.ie/world-news/antisleaze-mayor-on-fraud-charges-29351389.html" target="_blank">en question </a>

  • Au Pérou

    Voir l'article <a href="http://noticias.terra.com.pe/internacional/corrupcion-alcalde-de-montreal-michael-applebaum-fue-arrestado,f45be4e19ce4f310VgnCLD2000000dc6eb0aRCRD.html" target="_blank">en question </a>

  • À Singapour

    Voir l'article <a href="http://www.todayonline.com/world/americas/interim-montreal-mayor-arrested" target="_blank">en question </a>

  • En Belgique

    Voir l'article <a href="http://www.lesoir.be/264027/article/actualite/fil-info/fil-info-monde/2013-06-17/maire-montreal-arrete-pour-corruption" target="_blank">en question</a>

  • Voir l'article <a href="http://bostonherald.com/news_opinion/international/americas/2013/06/mayor_of_montreal_arrested" target="_blank">en question </a>



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  • CCI d'Outremont

    Le scandale entourant le projet de Centre communautaire intergénérationnel (CCI) d’Outremont a été l’un des premiers à éclabousser Union Montréal, le parti du maire Tremblay. Et il aura sans doute permis de révéler des irrégularités dans le monde de la construction, quand les coûts du projet piloté par Dessau, évalués à 6,6 M$, ont doublé. Des rapports révèlent alors une culture choquante dans Outremont : comptes de dépenses gonflés, gaspillage de l’argent des contribuables et utilisation de prête-noms. Cela force le maire de l’arrondissement, Stéphane Harbour, qui serait d’ailleurs intervenu dans le projet du CCI à quelques reprises sans l’aval de son conseil, à démissionner.

  • Compteurs d’eau

    Le scandale des compteurs d’eau en est tout un. D’abord le coût : 356 M$ pour l’installation et l’entretien de 30 000 compteurs d’eau, un montant révélé de 2 à 3 fois plus cher qu’à Toronto. Puis, des problèmes de conflit d’intérêt. La Ville a été pointée du doigt pour avoir cédé la gestion de l’eau au privé, plus précisément à BPR, un partenaire d’affaires de Dessau, qui était du consortium Génieau, qui a décroché le lucratif contrat – avec Simard-Beaudry, une entreprise de Tony Accurso. Ensuite, le soupçon voulant que Frank Zampino, no2 de la Ville, soit intervenu, a été la goutte qui a fait déborder le vase. Zampino joindra éventuellement les rangs de Dessau comme vice-président. Devant l’ampleur de la crise, le maire a suspendu le contrat, mais la Ville a quand même dû verser 10,9 M$ en compensation au groupe Génieau pour bris de contrat.

  • SHDM

    La gestion de la Société d’habitation et de développement de Montréal (SHDM) dans le projet du Faubourg Contrecoeur a été marquée par de nombreuses irrégularités, et ce, du début à la fin. Attribution du contrat douteuse à Construction Frank Catania, coûts de la transaction et des frais de décontamination remis en question et histoire de pots-de-vin font de Contrecoeur un des plus gros scandales sous l’administration Tremblay-Zampino. En mai 2012, l’escouade Marteau de l'Unité permanente anti-corruption arrête neuf joueurs clés de ce scandale, dont Martial Fillion, ex-président de la SHDM décédé depuis, Paolo Catania, Bernard Trépanier et Frank Zampino, qui aurait tiré les ficelles dans cette histoire.

  • Fraudes informatiques

    Entre 2005 et 2008, le directeur de la Division du service informatique de la Ville, Gilles Parent, aidé par un consultant, établit un stratagème de préfacturation et de surfacturation avec quatre entreprises informatiques qui ont des contrats avec l’hôtel de ville. Au total, Parent, condamné à six ans de prison à la fin de 2012, aurait fraudé son employeur pour 4,6 M$. De fausses factures, pour des services non rendus, ou des taux horaires et des heures gonflés suffisaient à contourner le système.

  • BCIA

    La Ville de Montréal aurait payé beaucoup trop cher pour l’embauche de l’ancienne firme de sécurité BCIA pour la surveillance du quartier général du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), en 2008. Une entente qui s’est d’ailleurs faite sans contrat. On parle d’une surfacturation de 43 %. BCIA, qui a fait faillite depuis, était dirigé par Luigi Coretti (photo), proche de l’ancien ministre libéral Tony Tomassi. La protection de la maison de Frank Zampino a été assurée gratuitement par l’entreprise.

  • Toit de l’hôtel de ville

    Aux prises avec des difficultés financière, l’entreprise L.-M. Sauvé, de Paul Sauvé, qui a obtenu le contrat de réfection du toit de l’hôtel de ville de Montréal, reçoit la visite d’un membre d’une famille de la mafia, en 2009. En échange de 40 000 $, on lui promet qu’il pourra poursuivre son chantier et être payé chaque mois par la Ville. L’argent (que M. Sauvé ne versera pas) aurait été destiné à deux élus municipaux. L’affaire, qui démontre la présence de la mafia et de la corruption dans le paysage de la politique municipale, a été transmise à la Sûreté du Québec.

  • Le contrat de Telus

    En 2010, le vérificateur général de Montréal, Jacques Bergeron, produit un rapport sur un contrat de 100 M$ sur 10 ans accordé à Telus et qui semble chaotique. Avant même que le document ne soit présenté au conseil municipal, le directeur général de la Ville, Louis Roquet (photo), à qui M. Bergeron a soumis son rapport confidentiel, l’achemine à… Telus! Furieux, le vérificateur général condamne ce geste, légal selon l’administration. Le rapport indiquait que le dossier prenait du retard et que les coûts avaient explosé. L’affaire Telus n’a pas coûté le poste de Louis Roquet, qui a décidé de quitter un an et demi plus tard. Depuis 2001, neuf directeurs généraux se sont succédé à Montréal, dont Robert Abdallah, qui aurait reçu des pots-de-vin, et Claude Léger, en poste pendant les scandales des compteurs d'eau et du Faubourg Contrecoeur. Guy Hébert est le dernier dg à qui l'on a montré la porte, en mars 2013, après qu'il eut nié avoir réclamé la démission du chef de la police de Montréal, Marc Parent, ce que Québec a contredit.

  • Espionnage des courriels

    Un scandale interne éclate à l’hôtel de ville, en 2011, lorsqu’on apprend que l’ex-contrôleur général de la Ville, Pierre Reid (photo), aurait usé de son pouvoir pour espionner les boîtes courriels d’employés, comme le vérificateur général, Jacques Bergeron, et le maire de l’arrondissement de Lachine et président du conseil municipal, Claude Dauphin. Faute de preuves, après une enquête de l’Unité permanente anti-collusion, aucune poursuite criminelle n’a été déposée.

  • 3%

    Bernard Trépanier, ou Monsieur 3 % comme on l’a surnommé à cause de la ristourne qu’il aurait empoché sur les grands contrats, est un personnage important dans l’histoire d’Union Montréal. Collecteur de fonds efficace pour le parti de Gérald Tremblay, Trépanier servait d’intermédiaire entre les firmes génie-conseil et la Ville. Même après son congédiement, en 2006, il a poursuivi son travail de solliciteur jusqu’en 2009. Il était très proche de Frank Zampino.

  • Prix gonflés

    Depuis le début de la commission Charbonneau, il a été établi clairement que la Ville de Montréal a payé plus cher pour de nombreux contrats. Souvent, le dépassement des coûts atteignait de 20 % à 30 %. Une estimation, récemment calculée et mise à jour par La Presse, indique que <a href="http://www.lapresse.ca/actualites/regional/montreal/201304/10/01-4639716-collusion-a-montreal-jusqua-500-millions-payes-en-trop.php" target="_blank">Montréal pourrait avoir payé de 350 M$ à 500 M$ en trop.</a> Des études datant d’aussi loin que 2004 auraient révélé que la Ville défrayait beaucoup plus qu’il n’en fallait. Le comité exécutif et le maire Tremblay avaient-ils été mis au courant de l’existence de ces rapports?

  • BONUS : Michael Applebaum

    Le maire actuel, Michael Applebaum, n’échappe pas à la tourmente depuis qu’il a été choisi par le conseil municipal pour diriger Montréal jusqu’aux élections de novembre 2013. Sans parler de scandales, il plane des allégations sur l’ex-maire de l’arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce à propos d’activités immobilières, de possibles échanges d’informations privilégiées et de liens avec des proches de la mafia. Applebaum soutient qu’il n’a rien à se reprocher et l’UPAC mène son enquête.