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FrancoFolies 2013: le rock touareg et hors-norme de Bombino (ENTREVUE)

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BOMBINO
Bombino. | Ron Wyman

Omara « Bombino » Moctar a un cheminement hors de l’ordinaire dans le monde du rock. Né en plein désert, au Niger, l’artiste a commencé à jouer de la guitare alors qu’il avait 13 ans. À ce moment, le pays était en crise et tout le peuple du désert, dont sa famille, était pourchassé du pays. Il a donc développé son amour pour la guitare sous un esprit de rébellion et de refus de l’interdit.

Son troisième album, Nomad, est le fruit de son étonnante rencontre avec le chanteur et guitariste des Black Keys, Dan Aueberch. Ce dernier a d’ailleurs été promu meilleur producteur de l’année aux Grammy Awards.

Sur l’album Nomad, le rock de Bombino a pris une direction unique et le résultat est très convaincant. On se sent quelque part entre le désert de Bombino et la chaleur de Nashville d’Aueberch. Les riffs de guitare sont extrêmement bien ficelés. Nul doute, la première écoute surprend, mais on se laisse vite entraîner par le rock touareg de Bombino.

Le Huffington Post Québec s’est entretenu avec lui. Découvrez-le en quelques questions.

Q. Comment vous sentez-vous à l’idée de prendre part aux FrancoFolies?
R. Je suis très content d’avoir l'occasion de jouer aux Francofolies. C'est un grand plaisir pour moi. J'aime bien Montréal. C'est super parce qu’on peut discuter avec le public… Pour nous, c’est rare qu’on parle français à l’extérieur de l’Afrique.

Q. Que signifie votre nom d’artiste?
R. Bambino signifie « bébé » en italien, donc cela se rapproche beaucoup de Bombino. Bambino est devenu Bombino. Pourquoi? Je ne sais pas du tout, mais j’avais ce surnom depuis l’âge de 15 ans quand je jouais avec Haia Bebe, un grand musicien du Niger. J’étais le plus jeune dans le groupe, donc il m’a donné le nom Bombino. J’étais le bébé!

Q. Votre parcours n’a pas toujours été facile; durant une certaine période, il était notamment interdit de jouer de la guitare au Niger. Comment avez-vous traversé cette épreuve?
R. Bon, c’est vrai qu’il était interdit de jouer de la guitare, mais ça ne veut pas dire qu'on a cessé de jouer! Cela dit, on devait se cacher pour faire nos manifestations. On a quitté pour la brousse et on jouait toujours en secret. Quelque temps après, c'est devenu encore plus risqué. Le gouvernement a même commencé à tuer des musiciens touaregs. À ce moment, j'ai décidé de quitter le Niger pour le Burkina Faso. Pendant toute cette période, je n’ai jamais laissé ma guitare.

LES TROIS QUESTIONS HUFFPOST

1. Quel artiste suggérez-vous aux Montréalais d’aller voir durant les FrancoFolies, mis à part vous ?

R. Coeur de Pirate

2. Quel est votre lieu favori de Montréal?

R. La dernière fois que je suis venu à Montréal, j'ai visité le Centre PHI. On a fait un petit spectacle là-bas. C'était trop cool. Je vais donc dire le Centre PHI comme lieu préféré.

3. Nommez un mot de la langue française pour décrire votre œuvre.

R. Fatigant!

Q. Dan Auerbach vous a pris sous son aile pour la production du disque Nomad. Que vous a-t-il appris?
R. Wow, plein de choses! Dan, c'est un génie en studio et en musique de manière générale. Il m'a montré beaucoup de trucs, dont la manipulation du son de ma guitare en studio. On a utilisé un tout petit ampli pour la guitare solo et on l'a doublé pour donner un son énorme. Voilà le genre de choses qu’il m’a appris.

Q. À quoi peut-on s’attendre de votre concert aux FrancoFolies?
R. Ce sera un bon spectacle de rock touareg. On va danser ensemble et chauffer la scène! Je vais faire de mon mieux pour vous faire plaisir!

Bombino – 17 juin, 19h et 21h – Scène Hydro-Québec

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FrancoFolies: 15 juin 2013
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