POLITIQUE
14/06/2013 07:21 EDT | Actualisé 14/08/2013 05:12 EDT

Stephen Harper a été accueilli par le président français François Hollande

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Canadian prime minister Stephen Harper attends the ceremonial funeral of British former prime minister Margaret Thatcher at St Paul's Cathedral in central London on April 17, 2013. The funeral of Margaret Thatcher took place on April 17, with Queen Elizabeth II leading mourners from around the world in bidding farewell to one of Britain's most influential and divisive prime ministers. AFP PHOTO / ANDREW COWIE (Photo credit should read ANDREW COWIE/AFP/Getty Images)

PARIS - Alors que les négociations de l'accord de libre-échange Canada-Europe semblent engagées dans une étape cruciale et délicate, le premier ministre Stephen Harper ne veut plus fixer de date butoir pour un éventuel accord.

«Le Canada n'établit pas de date limite. Je pense qu'une telle approche n'est pas notre intérêt», a tranché M. Harper lors d'une conférence de presse conjointe avec le président français François Hollande, vendredi, au Palais de l'Élysée à Paris.

«Il y a beaucoup de dossiers. On ne va pas négocier en public. Nous avons fait des grands gains, mais il est nécessaire de négocier à un point où nous sommes convaincus que ce sera dans l'intérêt du Canada. Donc, on continue le processus», a-t-il ajouté, en affirmant que le libre-échange ferait progresser les échanges commerciaux franco-canadiens de 20 pour cent.

Tout aussi prudent que le chef du gouvernement canadien, M. Hollande a abondé dans le même sens.

«Il a raison de ne pas fixer de date limite pour que nous puissions traiter les sujets comme il convient», a-t-il dit.

À Londres, d'où est arrivé M. Harper jeudi, le premier ministre britannique David Cameron a souhaité cette semaine que l'accord soit conclu dans les prochains jours, à temps pour le sommet du G8 qui se tiendra lundi et mardi en Irlande du Nord.

Mais on sait maintenant que des difficultés subsistent, qui rendent cette hypothèse invraisemblable. Ces difficultés portent notamment sur l'ouverture du marché européen aux exportations de viande canadienne de boeuf et de porc, sujet sensible pour la France, premier producteur de bovins d'Europe.

«Nous sommes dans une négociation. Il est bien compréhensible qu'à un certain moment, des obstacles apparaissent, des difficultés surgissent», a souligné M. Hollande, en rappelant que la France était «attentive» au dossier de l'agriculture, notamment.

La séance de travail entre le président français et M. Harper (accompagné de trois de ses ministres) s'est faite à la faveur d'un déjeuner à l'Élysée. Les médias évoquaient avant la rencontre des divergences entre le socialiste et le conservateur, sur le libre-échange mais aussi sur la gestion de la crise économique internationale, la France résistant aux politiques d'austérité prônées ailleurs. Mais en conférence de presse conjointe, une nouvelle pratique instituée par la présidence, les deux hommes se sont plutôt appliqués à afficher leur communauté de vues, en l'enrobant dans une toute nouvelle «coopération renforcée» entre le Canada et la France, autour de priorités comme la croissance et le développement, la sécurité internationale et la défense, la culture et la recherche.

«Il était important que nous puissions donner cette cohérence à l'ensemble de nos rapports», a expliqué le président Hollande.

La veille, à son arrivée à Paris, le premier ministre Harper avait été reçu à diner à Matignon par son homologue Jean-Marc Ayrault.

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