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14/06/2013 09:48 EDT | Actualisé 14/08/2013 05:12 EDT

La FIFA confirme à l'Association canadienne l'autorisation du turban

MONTRÉAL - La Fédération internationale de football (FIFA) a porté un coup à la décision de la Fédération de soccer du Québec (FSQ) d'interdire le port du turban sikh dans le cadre de ses activités.

L'organisme international affirme que le turban est parfaitement acceptable sur un terrain de soccer pour l'instant.

La FIFA a révélé par voie de communiqué, vendredi, qu'elle autorise provisoirement le port de couvre-chefs masculins à tous les niveaux du soccer canadien, appliquant un règlement de 2012 qui autorise le port d'un hijab spécialement conçu pour le soccer chez les femmes.

Le communiqué énonce toutefois certaines lignes directrices pour en permettre l'utilisation.

La coiffure doit être de la même couleur que l'uniforme, être bien mise, ne doit pas être attachée au chandail et ne représenter aucun danger pour le joueur qui la porte ou les autres.

Cette mise au point de la FIFA survient quatre jours après la décision de l'Association canadienne de soccer (ACS) de suspendre la FSQ parce que celle-ci a interdit le port du turban sikh. L'organisme québécois avait évoqué des problèmes de sécurité pour justifier sa décision et le fait que les règlements de la FIFA n'autorisaient pas spécifiquement le port de coiffure.

La FIFA a maintenant statué que c'est permis — sur une base d'essai. Cette question sera abordée en octobre par une commission internationale chargée des règlements du sport et une décision finale est attendue en mars 2014.

La Fédération québécoise a fait savoir qu'elle «accueille avec enthousiasme et soulagement» les précisions de la FIFA. On attendait une position claire de la part de la FIFA, ce qui n'avait pas été fait avant vendredi.

Il a été impossible de savoir ce que l'organisme entend maintenant faire. Le conseil d'administration devait se consulter en soirée et une conférence de presse est prévue samedi matin à Laval.

La World Sikh Organization a pour sa part accueilli avec plaisir la déclaration de la FIFA.

«Ç'a été notre position dès le départ que l'accommodement du turban ne devrait pas dépendre des règles de la FIFA, mais plutôt de la tradition canadienne qui repose sur la diversité et l'acceptation ainsi que les règles et lois canadiennes», a déclaré son porte-parole Balpreet Singh.

«Cette annonce est certainement une bonne nouvelle. Il est clair maintenant que toute restriction sur le port du turban est illégitime et nous espérons que la Fédération de soccer du Québec va maintenant lever immédiatement son interdiction», a-t-il ajouté.

La suspension de la FSQ aura ses premières répercussions ce week-end alors qu'au moins 20 équipes d'autres provinces ont annulé leur présence à un tournoi à Montréal.

Cette décision controversée a également alimenté les divergences d'opinions dans les milieux politiques.

La première ministre du Québec, Pauline Marois, qui s'était portée à la défense de la FSQ plus tôt cette semaine en disant que la fédération canadienne s'était immiscée dans un dossier qui ne la regardait pas, a maintenu sa position, vendredi.

«La fédération québécoise de soccer avait le droit de prendre cette décision et la preuve en est qu'il n'y avait pas de règlement qui prévoyait quoi que ce soit sur cette question, puisque la FIFA a dû émettre un communiqué et a dû prendre une décision, exceptionnelle dit-elle, et sur une base temporaire», a dit la première ministre lors d'une conférence de presse sur son bilan de fin de session parlementaire, à Québec.

«Moi je crois que la société québécoise est un société accueillante qui souhaite intégrer toux ceux et celles qui veulent participer à ses valeurs, participer à cette réalité que nous représentons collectivement», a ajouté Mme Marois.

Pour sa part, le chef du Parti libéral, Philippe Couillard, estime que le débat a pris des proportions démesurées.

«Il faut placer ces débats dans la bonne case, a-t-il dit. Ce n'était pas un débat sur la neutralité religieuse de l'État, ni un débat sur les accommodements raisonnables, mais un débat sur le sport.

«Notre position, c'est laissons donc jouer les enfants ensemble. Si on invoque un élément de sécurité, qu'on le prouve et qu'on fasse de la surveillance dans les prochaines années», a ajouté M. Couillard.

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