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14/06/2013 07:36 EDT | Actualisé 14/08/2013 05:12 EDT

Construction : la FTQ envoie son préavis de grève

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La FTQ-Construction a envoyé son préavis de grève de 48 heures au ministère du Travail et aux associations patronales pendant que les négociations se poursuivent entre l'Alliance syndicale et l'Association de la construction du Québec (ACQ).

Tous les syndicats de l'Alliance syndicale doivent faire de même afin de se conformer à la loi dans l'éventualité du déclenchement d'une grève lundi.

Bien qu'il s'agisse d'une mesure administrative visant à se prévaloir de son droit de grève lundi, dans l'éventualité d'un échec des négociations, la manoeuvre témoigne du peu de temps qu'il reste aux acteurs de l'industrie pour éviter un conflit. Les partis se sont réunis vendredi matin, à la demande d'un conciliateur, afin de tenter de lancer un blitz de négociations.

La rencontre, qui se tient aux bureaux montréalais du ministère du Travail, réunit les trois secteurs d'activité de la construction : résidentiel, institutionnel et génie civil et routes.

Les négociations sont au point mort depuis le 30 mai dernier et les deux parties disposent de l'arme du conflit de travail dans leur arsenal de négociation. L'ACQ a obtenu un mandat de lock-out et l'Alliance syndicale un mandat de grève.

L'ACQ déplore la sortie de l'Alliance syndicale qu'elle qualifie de « show de boucane ». Le porte-parole de l'Alliance, Yves Ouellet, a tenu une conférence de presse, jeudi, pour dénoncer l'inaction de la partie patronale dans la négociation à l'approche de la date butoir du déclenchement d'une grève. Il craint maintenant que la partie patronale ne revienne à la table des négociations pour réitérer ses demandes sans être disposée à négocier.

L'Alliance syndicale a prévenu, jeudi, que la date butoir du 17 juin, soit lundi prochain, sera respectée et qu'une grève générale illimitée sera déclenchée à défaut d'une entente.

Blitz de négociations réclamé

L'Alliance syndicale se dit prête à négocier nuit et jour jusqu'à lundi matin. Les participants à la conférence de presse avaient tous un sac de couchage entre les mains pour symboliser leur volonté de participer à un blitz de négociations au cours des prochaines heures.

L'ACQ est absente des tables de négociations, selon le syndicat. « Il y a eu une discussion téléphonique et une rencontre informelle entre deux personnes », déplore M. Ouellet. « On ne parvient pas à une convention collective de cette façon. »

Tout en convenant qu'il commence à se faire tard, l'Alliance syndicale est convaincue qu'il est toujours possible de parvenir à une entente s'il y a des négociations sérieuses.

Le président prévient toutefois que les travailleurs refusent d'accepter d'abandonner des acquis. Ils refusent ainsi de travailler à temps simple la sixième journée de la semaine ou de travailler à temps et demi pour les huit premières heures supplémentaires comme le demande la partie patronale.

De plus, ils estiment inconcevable d'étendre le début des heures de travail à 5 h 30 du matin. « C'est incompatible avec la conciliation travail-famille », soutient M. Ouellet.

Quant aux salaires, l'Alliance réclame des augmentations de salaire de 3,0 % la première année, et de 2,75 % pour les deux années suivantes. M. Ouellet souligne qu'il n'y a rien sur la table sur le plan financier, puisque la partie patronale n'a pas soumis de contre-offre.

Québec lance un appel au compromis

La ministre du Travail du Québec, Agnès Maltais, a évoqué la « responsabilité » des parties en cause. « Je m'attends véritablement à ce qu'en fin de semaine, ils négocient sérieusement et qu'ils arrivent à une entente », a-t-elle déclaré.

Pour sa part, la Coalition avenir Québec s'inquiète de l'impact économique potentiel d'une paralysie des grands chantiers. Surtout, le parti craint les dédommagements que Québec pourrait devoir verser aux maîtres-d'oeuvre des projets d'hôpitaux en partenariat public-privé - ceux des centres hospitaliers universitaires CUSM, CHUM et Sainte-Justine. « On parle de montants très importants, un million par jour pour seulement trois hôpitaux, c'est énorme », a souligné le porte-parole de la CAQ en matière de travail et de finances, Christian Dubé.