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13/06/2013 06:02 EDT | Actualisé 13/08/2013 05:12 EDT

Turquie: Erdogan donne 24 heures aux manifestants pour quitter la place Taksim

AP

ANKARA, Turquie - Le premier ministre turc a lancé un «avertissement final» aux manifestants jeudi, les sommant de mettre fin à leur occupation du parc Gezi, épicentre du mouvement antigouvernemental qui ébranle la Turquie depuis deux semaines.

Malgré l'ultimatum de Recep Tayyip Erdogan, des milliers de manifestants étaient toujours présents jeudi soir dans le parc, apparemment prêts à résister à une intervention policière qui semble de plus en plus probable.

Des milliers de manifestants étaient également rassemblés sur la place Taksim, près du parc Gezi, où l'atmosphère était festive. Un musicien jouait sur un piano installé au centre de la place alors que des manifestants dansaient, sous une forte surveillance policière.

Signe que le gouvernement fait des efforts pour résoudre la crise, le premier ministre a rencontré jeudi soir certains représentants des manifestants qui occupent le parc.

Huit artistes et deux représentants du groupe Solidarité Taksim, qui coordonne le «sit-in» au parc Gezi, ont été reçus par le premier ministre à Ankara, selon l'agence de presse publique Anadolu. C'est la première fois que M. Erdogan rencontre un groupe directement impliqué dans la contestation.

L'une des membres de Solidarité Taksim invitée à la rencontre, Canan Calagan, a déclaré à l'Associated Press avant le début des discussions que la réunion serait «significative» parce qu'elle inclut de véritables représentants des manifestants.

«La rhétorique employée jusqu'à maintenant n'est malheureusement pas acceptable. Nous espérons qu'après cette rencontre, l'empathie prévaudra. (...) C'est ce que nous tenterons de faire», a-t-elle dit.

Mais même si un accord venait à être conclu, rien ne garantit la fin du «sit-in» au parc Gezi. Solidarité Taksim ne prétend pas représenter tous les manifestants, et plusieurs occupants du parc ont déclaré qu'ils n'étaient affiliés à aucun groupe ou parti.

Le gouverneur d'Istanbul, Huseyin Avni Mutlu, a également tendu la main aux manifestants, affirmant sur Twitter qu'il serait présent dans un café des environs de la place Taksim à partir de minuit «pour ceux qui veulent discuter face-à-face, groupe par groupe (...) jusqu'au matin si nécessaire.»

Dans la capitale, Ankara, environ 200 personnes munies de drapeaux et de portraits du fondateur de la Turquie moderne, Mustafa Kemal Ataturk, ont manifesté jeudi soir en appui aux manifestants du parc Gezi.

Après l'opération policière et les affrontements de mardi sur la place Taksim, qui était occupée par des manifestants depuis près de deux semaines, plusieurs redoutent une opération semblable dans le parc Gezi si ses occupants refusent de partir. Une imposante présence policière était visible dans le quartier jeudi soir.

Malgré son ultimatum, le premier ministre n'a fixé aucune date limite aux manifestants, du moins publiquement. Le ministère de l'Intérieur a refusé de faire des commentaires à ce sujet. Le gouverneur d'Istanbul a assuré qu'aucun raid n'était prévu pour l'instant, mais il n'a pas exclu cette possibilité, tout en précisant que le public en serait informé à l'avance.

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