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13/06/2013 11:22 EDT | Actualisé 13/08/2013 05:12 EDT

Suspense à la veille des présidentielles en Iran

La campagne électorale s'est achevée jeudi matin en Iran, où 50 millions d'électeurs sont appelés à élire vendredi le successeur du président sortant Mahmoud Ahmadinejad, à la présidence de la République islamique.

La dispersion du camp conservateur, qui présente cinq candidats, pourrait favoriser les desseins du religieux Hassan Rohani, seul modéré en lice, et conduire à la tenue d'un second tour une semaine plus tard.

Le résultat, quel qu'il soit, affectera peu la politique étrangère et nucléaire de l'Iran, qui obéit avant tout aux choix de l'ayatollah Ali Khamenei, le « guide suprême » de la Révolution islamique.

Le président iranien peut cependant influer sur le ton de la politique étrangère de Téhéran par le choix de ses déplacements, puisqu'Ali Khamenei ne quitte pas le pays.

De plus, les candidats ont presque tous manifesté leur intention d'assouplir l'attitude de l'Iran lors des négociations internationales sur la poursuite de son programme nucléaire.

Seul Saïd Jalili, l'actuel négociateur en chef sur la question nucléaire et candidat le plus en vue du camp conservateur, souhaite que Téhéran, soupçonné par l'Union européenne et les États-Unis de chercher à se doter de l'arme atomique, conserve son intransigeance, malgré la multiplication des sanctions.

Le nouveau président devra en outre tenter de redresser l'économie, durement touchée par les sanctions internationales et la gestion du pays par Mahmoud Ahmadinejad, qui a fait décoller l'inflation et que les candidats en lice s'accordent à juger calamiteuse.

Règles sévères

La majorité des analystes jugent cependant peu probable  qu'Ali Khamenei laisse élire un candidat aussi peu docile que  Mahmoud Ahmadinejad.

Malgré son appartenance au camp conservateur, le président  sortant, qui ne pouvait se représenter, s'est fréquemment opposé  aux élites religieuses, en particulier lors de son second mandat  de quatre ans.

La principale crainte d'Ali Khamenei reste manifestement  l'éclatement de troubles semblables à ceux de juin 2009, lorsque  le scrutin présidentiel avait été suivi d'un vaste mouvement de  contestation dans la rue contre la réélection jugée frauduleuse de Mahmoud Ahmadinejad.

En conséquence, la campagne a obéi à des règles plus sévères, par exemple en ce qui concerne les débats. La candidature de l'ancien président modéré Ali Akbar Hachemi Rafsandjani, qui bénéficie de la sympathie du camp réformiste, a été, elle, rejetée par le Conseil des gardiens de la révolution.

Bien qu'il soit difficile de mesurer l'évolution de l'opinion publique, en l'absence de sondages indépendants, les suffrages réformistes semblent se rassembler autour de Hassan Rohani, ancien négociateur de Téhéran sur le dossier nucléaire, qui a obtenu les soutiens d'Ali Akbar Hachemi Rafsandjani et d'un autre ancien président, Mohammad Khatami.

Des photographies diffusées sur les réseaux sociaux montrent que des rassemblements conséquents se sont tenus mercredi soir à Téhéran en faveur de Hassan Rohani, même si ses adversaires ont également mobilisé un grand nombre de partisans.

Si Hassan Rohani a notamment fait montre de modération lors de négociations sur le nucléaire avec les pays occidentaux, entre 2003 et 2005, il reste en matière de politique étrangère fidèle à la ligne de Téhéran, et a encore accusé jeudi Israël de mener une campagne de désinformation sur le programme atomique de l'Iran.

« Si je suis élu président de ce pays, je mettrai en pratique ces convictions en regagnant la confiance de la communauté internationale et en révélant ces motifs inavoués », a-t-il dit au journal saoudien Chark al Aoussat. « Les États-Unis et leurs alliés doivent mettre fin à cette tromperie. »

Reuters

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