NOUVELLES
13/06/2013 01:24 EDT | Actualisé 13/08/2013 05:12 EDT

Selon le FBI, la surveillance de la NSA aurait pu éviter le 11-Septembre

Le directeur du FBI a confirmé jeudi qu'une enquête pénale avait été lancée contre Edward Snowden, source des fuites sur les programmes de surveillance américains, et a affirmé que ceux-ci auraient pu empêcher les attentats du 11-Septembre s'ils avaient existé à l'époque.

Edward Snowden "fait l'objet d'une enquête pénale en cours. Ces fuites ont causé des dommages importants à notre pays et à notre sécurité. Nous prenons toutes les mesures nécessaires pour que cette personne soit tenue responsable pour ces fuites", a déclaré Robert Mueller lors d'une audition devant la Chambre des représentants américaine.

M. Mueller a aussi affirmé que le programme de récolte de toutes les données d'appels téléphoniques aux Etats-Unis, mis en place en 2006, aurait permis de capturer l'un des participants aux attentats du 11 septembre 2001, s'il avait alors existé.

En 2001, une maison liée à Al-Qaïda avait été repérée au Yémen par le renseignement américain, mais celui-ci n'avait pas les moyens de déterminer quels numéros l'appelaient, notamment celui d'un futur participant aux attentats déjà installé aux Etats-Unis, dans la région de San Diego.

"Si nous avions eu ce programme en place à l'époque, nous aurions été capables d'identifier ce numéro de téléphone spécifique à San Diego", a déclaré M. Mueller.

"Nous aurions repéré le numéro de téléphone à San Diego, approfondi la procédure judiciaire et identifié Al-Mihdhar", le nom de ce preneur d'otages. "Sa seule détention aurait pu faire capoter le projet".

Des élus ont de leur côté mis en doute les affirmations du chef du FBI sur l'impact des révélations: "N'importe quel terroriste avec un demi-cerveau doit déjà supposer que toutes les communications électroniques sont vulnérables et susceptibles d'être interceptées", a ainsi lancé le démocrate Jerrold Nadler.

"Dès que des miettes d'informations sont publiées sur nos capacités et nos programmes, ils trouvent immédiatement des moyens de les contourner", a insisté M. Mueller. "Mon problème est que nous allons perdre notre capacité d'interception de leurs communications, que ce soit les chats, le VOIP (téléphonie par internet, ndlr) ou d'autres choses. Nous allons être exceptionnellement vulnérables".

De nombreux parlementaires défendent le gouvernement mais certains, chez les démocrates les plus à gauche et les ultra-libéraux, s'émeuvent de l'immense base de données téléphoniques accumulée par la NSA sur les Américains.

Selon une déclaration de la sénatrice Dianne Feinstein mercredi, ces "métadonnées" --qui incluent le numéro appelé et la durée de l'appel, mais pas l'enregistrement des conversations-- sont conservées cinq ans avant d'être détruites.

"J'ai peur que nous ne soyions sur le point de devenir un Etat de surveillance", a estimé jeudi le démocrate John Conyers. Un républicain du Tea Party, Jason Chaffetz, a quant à lui demandé, sans obtenir de réponse immédiate, si les données de géolocalisation étaient également stockées.

"Le programme est mis en place avec un objectif très limité, celui d'identifier des individus aux Etats-Unis qui utilisent un téléphone pour des activités terroristes", a rappelé M. Mueller.

Outre la récolte des métadonnées téléphoniques aux Etats-Unis, M. Snowden a dévoilé un programme d'interception des communications sur internet à l'étranger, baptisé Prism.

ico/mdm

PLUS:afp