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13/06/2013 07:34 EDT | Actualisé 13/08/2013 05:12 EDT

Pour les USA, Assad a utilisé des armes chimiques, "ligne rouge" franchie

La Maison Blanche a estimé jeudi qu'une "ligne rouge" avait été franchie en Syrie, et accusé Bachar al-Assad d'avoir utilisé des armes chimiques, dont du gaz sarin, annonçant un soutien militaire, sans autres précisions, aux rebelles syriens.

La Maison Blanche s'est abstenue de détailler la forme que prendrait cette assistance militaire. Elle n'a pas, à ce stade, annoncé de décision d'armer les rebelles face au pouvoir du président Bachar al-Assad, évoquant simplement une augmentation de son aide non létale et assurant qu'elle prendrait "des décisions à (son) propre rythme".

L'administration a aussi souligné qu'aucune décision sur une zone d'exclusion militaire n'avait encore été prise.

Les Etats-Unis vont toutefois laisser en Jordanie, pays frontalier de la Syrie, des chasseurs F-16 et des missiles Patriot, ainsi qu'une unité de Marines sur des navires amphibies, à la fin d'exercices militaires communs, a annoncé jeudi un responsable américain de la Défense sous couvert d'anonymat. Entre 100 et 150 personnes au minimum ont été tuées dans des attaques chimiques, a de son côté annoncé dans un communiqué Ben Rhodes, conseiller adjoint de sécurité nationale du président américain.

"Le président a clairement dit que l'utilisation d'armes chimiques, ou le transfert d'armes chimiques à des groupes terroristes, était une ligne rouge pour les Etats-Unis", a-t-il expliqué. "Le président a affirmé que le recours à des armes chimiques changerait son équation, et c'est le cas".

"Nous pensons que le régime Assad garde le contrôle de ces armes. Nous ne disposons pas d'informations solides, corroborées, indiquant que l'opposition en Syrie a acquis ou utilisé des armes chimiques", a-t-il indiqué.

Le sénateur républicain John McCain avait pour sa part annoncé au Sénat américain, quelques minutes avant, que des armes seraient bien livrées aux rebelles, citant "plusieurs sources fiables", avant finalement de faire machine arrière.

Réagissant aux déclarations de la Maison Blanche, l'ambassadeur britannique à l'ONU Mark Lyall Grant a rappelé que son pays soulignait "depuis un moment qu'il existait des preuves convaincantes de l'utilisation d'armes chimiques par le régime syrien", ajoutant que le Royaume-Uni était "en consultations avec le gouvernement américain et les autres alliés sur les prochaines étapes".

L'annonce américaine, neuf jours après que la France a déclaré être certaine de l'utilisation d'armes chimiques, intervient alors que l'aéroport international de Damas a été la cible jeudi d'une rare attaque au mortier par les rebelles, selon les médias officiels.

Face aux récentes victoires de l'armée syrienne sur les rebelles, une rencontre est prévue vendredi en Turquie entre des représentants de pays soutenant l'opposition et le chef du Conseil militaire suprême de l'armée syrienne libre, Sélim Idriss, pour discuter d'une "mise en oeuvre concrète" de l'aide à la rébellion. Selon une source occidentale, le général Idriss est considéré comme un interlocuteur fiable par les Occidentaux.

Les rebelles ont par ailleurs pris le contrôle d'une position stratégique de l'armée à mi-chemin entre Damas et Alep (nord), tuant six soldats et s'emparant d'armes et munitions.

Les médias pro-régime avaient affirmé dimanche que les troupes gouvernementales se préparaient justement à l'assaut d'Alep pour y écraser la rébellion.

Sur un autre front, l'armée et le Hezbollah libanais ont pris d'assaut le village de Husseiniyé, dans la province de Homs (centre), selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Husseiniyé se situe près de la région de Qousseir, tombée la semaine dernière aux mains de l'armée grâce notamment au Hezbollah, dont la participation au conflit qui a fait plus de 93.000 morts selon un nouveau bilan de l'ONU est dénoncée par les pays occidentaux et du Golfe. Elle exacerbe en outre les tensions confessionnelles en Syrie, pays à majorité sunnite, mais aussi au Liban.

Les hélicoptères du régime ont également bombardé Aarsal, une localité libanaise servant, selon des experts, de relais pour l'acheminent d'armes et de rebelles. Paris et Washington ont dénoncé cette attaque à laquelle l'armée libanaise a assuré vouloir riposter si elle se répétait.

Le chef de l'opposition libanaise Saad Hariri a accusé pour sa part le Hezbollah d'être porteur d'un projet "destructeur" pour la coexistence entre les différentes confessions au Liban.

En Egypte, d'influents oulémas sunnites venant de plusieurs pays arabes ont appelé à mener le jihad en Syrie contre le régime "confessionnel" de Bachar al-Assad, et dénoncé l'appui fourni par le Hezbollah.

Depuis la chute de Qousseir, Washington, Paris, Londres, Ankara, Ryad, multiplient rencontres et contacts pour aider les rebelles.

Dans un nouveau rapport, la Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme Navi Pillay a dénoncé "les tueries incessantes" en Syrie.

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