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L'ex-député libéral Vincent Auclair devant la commission

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VINCENT AUCLAIR
Capture d'écran

EN DIRECT - L'ex-député libéral Vincent Auclair admet avoir reçu des mains de l'ex-maire de Laval Gilles Vaillancourt une enveloppe d'argent lors d'une rencontre en tête à tête à l'hôtel de ville de Laval arrangée par son équipe de campagne. L'argent lui a été remis en marge de la partielle dans la circonscription de Vimont en 2002, lors de la troisième semaine de campagne.

Un texte de Bernard Leduc et François Messier

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M. Auclair soutient avoir été mal à l'aise dès que le maire a sorti une enveloppe d'un tiroir de son bureau pour la lui tendre, après lui avoir dit : « C'est dur une campagne électorale ».

Il soutient avoir passé plusieurs minutes à tenter de lui faire valoir qu'il n'avait pas besoin d'argent, que le PLQ s'occupait déjà de tout. Il accepte finalement et disant au maire : « ben ça va être votre donation au Parti libéral », tout en sachant qu'il s'agirait alors d'un don illégal. Jamais, incidement le maire ne lui a mentionné spécifiquement que l'enveloppe contenait de l'argent, et lui même ne l'a pas ouvertement évoqué : tout était implicite.

« Je ne plaide pas l'innocence », se défend le notaire Auclair, qui explique notamment son geste en raison du poids politique du maire de Laval. L'homme, insiste-t-il, l'impressionnait.

M. Auclair dit avoir aussitôt avoir été remettre l'enveloppe à son organisateur Louis-Georges Boudreau au bureau électoral et prend pour acquis qu'il va régler le problème.  « Ma logique, c'est de dire Georges Boudreau va régler ça », a dit Auclair, qui le présente comme le meilleur organisateur du parti à l'époque. Je pensais qu'il allait « remettre l'enveloppe », a t-il avancé, car il ne voulait pas être redevable au maire. M. Boudreault lui aurait dit par la suite que « tout est arrangé ».

Lorsque le journaliste Christian Latreille le rencontre en 2010, il nie avoir reçu une enveloppe du maire Vaillancourt alors qu'il était député. Mais il le rappelle cependant peu après pour confesser qu'il s'est fait offrir une enveloppe, mais alors qu'il n'était que candidat.

VIncent Auclait fera finalement une déclaration publique au lendemain de la diffusion d'un reportage de M. Latreille, dans lequel l'ex-ministre péquiste Serge Ménard affirme avoir lui-même refusé une enveloppe que lui avait tendu le maire Vaillancourt.

Mais M. Auclair insiste alors qu'il n'avait jamais accepté d'argent, jouant sur le fait que le contenu de l'enveloppe n'avait jamais été discuté avec le maire. Il soutient que sa sortie publique l'a isolé dans le parti libéral, ajoutant : j'ai compris qu'un député passe, mais que le parti reste.

Il ajoute que dans la foulée de son aveu, il est aussi devenu  « persona non grata à Laval » : personne ne voulait me côtoyer, soutient-il, ajoutant que le bureau de son père,  l'étude Auclair et Chartrand, a perdu tout les mandats qu'il avait de la Ville de Laval. La commission a confirmé le sort subi par l'étude du père de Vincent Auclair.

Vincent Auclair se fera lui même servir par le maire une mise en demeure lui enjoignant de se rétracter : le maire « m'en veut à mort ».

Puis, en 2012, quand il apprend que le maire suspend sa poursuit, il se confie à l'escouade Marteau.

Vincent Auclair a perdu cette élection partielle, mais a été élu finalement aux élections générales de 2003. Il va représenter la circonscription de Vimont à l'Assemblée nationale de 2003 à 2012. M. Auclair soutient que cette situation la convaincu de quitter la politique.

Des versions qui ont varié dans le temps

La version d'Auclair au sujet de cette enveloppe, qui lui aurait été offerte à l'occasion d'une élection partielle, était jusque-là  nébuleuse. En conférence de presse, le 16 novembre 2010, il déclarait devant la presse :  « Je tiens à dire qu'il est tout à fait vrai que j'ai refusé l'enveloppe ». Il maintenait encore récemment cette version des faits, qui lui avait valu une mise en demeure - mais aucune poursuite - du maire Vaillancourt.

Or, le quotidien La Presse a révélé il y a un mois, sur la base de documents de l'escouade Marteau, que Vincent Auclair aurait admis avoir accepté l'argent du maire Vaillancourt, avant de le remettre immédiatement à un tiers. Radio-Canada avait aussi obtenu cette information en septembre dernier, mais de sources confidentielles.

Vincent Auclair avait révélé avoir reçu cette enveloppe après que l'ex-député péquiste Serge Ménard eut affirmé à Radio-Canada qu'il avait refusé du maire Vaillancourt une enveloppe contenant 10 000 $ en argent comptant en 1993, alors qu'il se présentait pour le Parti québécois dans Laval-des-Rapides.

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