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13/06/2013 05:30 EDT | Actualisé 13/08/2013 05:12 EDT

Les évêques catholiques du Québec contre l'autorisation de l'euthanasie

Les évêques catholiques du Québec se sont prononcés jeudi contre un projet de loi du gouvernement de la province qui doit faire de celle-ci la première au Canada à autoriser implicitement l'euthanasie.

Le texte présenté mercredi par le gouvernement indépendantiste du Québec propose une "aide médicale à mourir", sans jamais utiliser le terme euthanasie.

Ce projet "tend à assurer le déploiement de soins palliatifs, initiative dont nous nous réjouissons", a déclaré le président de l'Assemblée des évêques catholiques du Québec, Mgr Pierre-André Fournier, dans un communiqué.

"Toutefois, il y a tout lieu de s'inquiéter lorsqu'une manière de provoquer intentionnellement la mort est considérée comme un soin et lorsqu'elle est revendiquée comme un droit", a-t-il ajouté.

Les évêques jugent "légitime de refuser des traitements qui ne font que prolonger la souffrance, de refuser l'acharnement thérapeutique qui ne fait que prolonger le processus de mort (ou) de consentir à la sédation palliative administrée dans le but de soulager la douleur et non de provoquer la mort".

En revanche, "nous affirmons aussi qu'il y a des limites à cette autonomie si on l'invoque pour donner ou se donner la mort. Le respect de la dignité humaine implique en premier lieu le respect de la vie humaine", insistent-ils.

"Baliser l'euthanasie, c'est la banaliser", soulignent les évêques.

Pour contourner le droit criminel canadien, qui rend illégal le suicide assisté, le gouvernement québécois entend transmettre au ministère public une directive l'enjoignant de ne pas lancer de poursuites dans ces affaires, estimant qu'il s'agit avant tout d'une question de santé publique.

Le ministre de la Justice du Canada, Rob Nicholson, a indiqué que le gouvernement fédéral étudierait "les répercussions du projet de loi du Québec sur l'aide médicale au suicide et l'euthanasie".

Le texte est le fruit d'un vaste consensus entre les partis politiques et les ordres professionnels des médecins et des avocats, les associations contre le cancer ou encore des coalitions d'usagers du réseau de santé public québécois.

jl/via/sam

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