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13/06/2013 02:31 EDT | Actualisé 13/08/2013 05:12 EDT

Les FrancoFolies de Montréal fêtent leurs 25 ans l'oeil dans le rétroviseur

De Jacques Brel à Robert Charlebois, les FrancoFolies de Montréal rendent hommage à partir de jeudi et pendant dix jours aux grands noms de la musique francophone à l'occasion de leur 25e anniversaire.

Un grand concert gratuit doit célébrer ce quart de siècle le 17 juin au coeur du centre-ville de la métropole québécoise. Des rappeurs montréalais du groupe Loco Locass, au rockeur Eric Lapointe, 25 artistes fétiches des Francos seront réunis pour interpréter leurs plus grands succès.

Le cousin québécois des Francofolies de La Rochelle a prévu "pour une rare fois un vrai spectacle à grand déploiement", explique à l'AFP le programmateur en chef du festival québécois, Laurent Saulnier. Ce sera "une espèce de best-of des 25 dernières années", note-t-il.

"En règle générale, les Francos de Montréal sont très axées sur la nouveauté, la découverte --ce qui est encore le cas cette année-- mais on a accordé (cette année) une attention particulière à ce petit coup d'oeil dans le rétroviseur", remarque-t-il.

La grande fête de la musique francophone doit notamment célébrer en grande pompe le 15 juin les 50 ans de carrière de Robert Charlebois. Pour la peine, l'interprête de Lindberg a invité, entres autres, Alain Souchon, Laurent Voulzy mais aussi des locaux tels que Michel Rivard, Pierre Lapointe et Les Trois Accords.

Le lendemain, c'est le Français Serge Lama qui fêtera son demi-siècle sur scène.

Le 19 juin, plusieurs interprètes québécois reprendront le répertoire de Jacques Brel, décédé il y a 35 ans. Une reprise des titres de Barbara est également prévue, et le 22 juin, des grands noms de la chanson québécoise rendront hommage à Claude Léveillée, auteur-compositeur montréalais décédé il y a deux ans.

Selon Laurent Saulnier, "il y a un regain de la langue française dans les groupes français" alors que ces derniers ont souvent eu tendance à privilégier l'anglais. Il cite en exemple les groupes Fauve, Granville ou encore La Femme qui sont "assez représentatifs de cette nouvelle vague de groupes français qui osent chanter en français".

Dans une province où la défense de la langue de Molière est une cause nationale qui déchaîne régulièrement les passions, le festival montréalais n'a jamais donné le micro à des formations s'exprimant dans une autre langue, ce qui n'est pas le cas à La Rochelle et Spa, les autres FrancoFolies.

"Ici, ça serait juste impossible", tranche M. Saulnier: "Le public ne voudrait pas."

Le rendez-vous montréalais propose une programmation majoritairement gratuite avec plus de 150 concerts ouverts à tous et seulement un tiers des spectacles payants.

"Financièrement, ça va super mal", reconnaît Laurent Saulnier, évoquant un déficit budgétaire cumulé d'environ un million de dollars. L'arrivée d'un nouveau sponsor de premier ordre, le géant canadien des télécommunications Bell, permet toutefois d'espérer une rapide stabilisation, indique-il.

Lancées jeudi, les FrancoFolies de Montréal devraient accueillir jusqu'au 22 juin près d'un million de spectateurs sur les différentes scènes installées dans le centre-ville de la métropole québécoise.

sab/via/jca

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