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13/06/2013 04:32 EDT | Actualisé 13/08/2013 05:12 EDT

Le taux de participation sera l'enjeu majeur de la présidentielle en Iran

TÉHÉRAN, Iran - À la veille de l'élection présidentielle en Iran, l'ancien président Akbar Hashemi Rafsanjani a appelé jeudi les électeurs à ne pas boycotter le scrutin pour protester contre la répression des réformistes ou pour dénoncer son exclusion de la course.

La déclaration de M. Rafsanjani est une réponse à l'appel au boycottage lancé par plusieurs militants réformistes, malgré l'apparent gain de popularité d'un candidat modéré, Hasan Rowhani, ancien négociateur nucléaire de l'Iran.

L'appel au boycottage se veut un rejet des dirigeants du pays, après des années de répression des forces de l'opposition depuis la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad, en 2009. La Constitution interdit à M. Ahmadinejad de briguer un troisième mandat consécutif, mais il pourrait se présenter de nouveau plus tard.

Un boycottage massif du vote nuirait probablement à M. Rowhani, qui a obtenu l'appui de M. Rafsanjani, l'un de ses proches alliés, et d'autres leaders réformistes. Ses rivaux comprennent plusieurs conservateurs considérés comme favorisés par la théocratie au pouvoir.

La proximité entre M. Rafsanjani et les libéraux s'est accrue quand il a critiqué les tactiques de répression utilisées par les autorités lors des affrontements post-électoraux de 2009. Le leader de l'opposition Mir Hossein Mousavi, qui avait affronté M. Ahmadinajad à l'élection, de même qu'un autre candidat réformiste, Mahdi Karroubi, sont en résidence surveillée depuis plus de deux ans.

Plusieurs journaux réformistes, dont le quotidien «Etemad», ont publié jeudi des articles affirmant que M. Rafsanjani avait appelé les électeurs à ne pas boycotter la présidentielle.

«Je leur demande d'aller voter», a-t-il dit.

Les réformistes ont lancé une campagne intitulée «Un pour 100», appelant chaque militant à encourager 100 personnes à se rendre aux urnes vendredi. Les Iraniens ont généralement peu d'intérêt pour les élections. Le taux de participation moyen aux 10 derniers scrutins présidentiels a été d'environ 67 pour cent.

Le Guide suprême, l'ayatollah Khamenei, a plusieurs fois appelé à une participation élevée afin de montrer aux pays occidentaux que les élections iraniennes sont ouvertes et justes.

Mais l'ayatollah Khamenei est allé encore plus loin mercredi, quand il a associé le vote à un acte patriotique pour les citoyens, même ceux qui ne soutiennent pas l'establishment religieux.

«Il est possible que certains ne veuillent pas soutenir la République islamique tout en voulant soutenir leur pays. Ils devraient voter eux aussi», a dit le Guide suprême, qui a le dernier mot sur toutes les grandes décisions politiques du pays. Il a estimé qu'un taux de participation élevé «frustrerait l'ennemi».

«Quand l'ennemi fait face à la frustration, il perd son efficacité», a-t-il dit.

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