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13/06/2013 09:16 EDT | Actualisé 13/08/2013 05:12 EDT

Le Canada surveillera les élections iraniennes, à partir de Toronto

Un texte de Bahador Zabihiyan

Le Canada compte surveiller de près le bon déroulement des élections iraniennes, non pas avec des observateurs canadiens en Iran, mais à partir de Toronto, avec l'aide des nouvelles technologies et des réseaux sociaux.

Un texte de Bahador Zabihiyan

Le ministère des Affaires étrangères canadien a rassemblé pour l'occasion des analystes et des personnalités de plusieurs courants de l'opposition iranienne en exil à l'École Munk des affaires internationales de l'Université de Toronto. Le centre, situé dans l'enceinte de l'établissement, permettra d'analyser au fur et à mesure les résultats des élections, qui serviront à choisir le prochain président de la République islamique qui remplacera Mahmoud Ahmadinejad.

Sur le site www.theglobaldialogue.ca, qui est en anglais et en farsi, des personnes se trouvant en Iran pourront transmettre des informations, des photos ou des vidéos aux analystes de l'Université de Toronto. Le site assure avoir développé des outils permettant à ses utilisateurs de conserver l'anonymat. Ce dernier détail est crucial, car les autorités iraniennes surveillent la toile. Les Iraniens utilisant Internet ont souvent recours à des réseaux privés virtuels afin de contourner la censure et la surveillance.

Informer les Iraniens et s'informer sur l'Iran

La plateforme virtuelle permettra aux Iraniens de signaler les cas de fraudes électorales, s'il y a lieu, et de donner leur opinion, en participant à des discussions en ligne. Les cas de fraudes sont géolocalisés au fur et à mesure sur une carte. Mais elle donnera aussi l'occasion à la diplomatie canadienne de prendre le pouls de la population de ce pays, selon une source du ministère des Affaires étrangères, citée par CBC. Ceci pourra aider le ministère dans ses prises de décisions futures, d'autant plus que l'ambassade canadienne à Téhéran a fermé l'année dernière.

La plateforme est une « puissante source d'information afin de savoir ce que les Iraniens pensent d'eux-mêmes [...] ce qui, dans les faits, ne peut qu'influencer les avis que nous envoyons au niveau politique », a expliqué la source du ministère, qui a souhaité ne pas être nommée. Le site web sera en ligne jusqu'au second tour de l'élection iranienne qui se tiendra le 21 juin, selon cette source.

John Baird et son ministère se mettent au farsi

« Le Canada encourage les Iraniens à s'exprimer, même si leur gouvernement tente de les réduire au silence », a dit le chef de la diplomatie canadienne, John Baird, lors d'une téléconférence depuis Londres où il accompagne le premier ministre Stephen Harper.

Le Canada a appelé jeudi les Iraniens à rejeter, lors de leur élection présidentielle vendredi, « le choix artificiel que leur impose le régime » et à exprimer par tous les moyens « leur désir de liberté » face à « la dictature religieuse et militaire des ayatollahs », a-t-il poursuivi.

Le ministère des Affaires étrangères a traduit en farsi et publié plusieurs de ces citations sur son compte Twitter. Reste à savoir si les Iraniens seront réceptifs aux messages du ministre et s'ils contribueront au site Internet mis en ligne par l'Université de Toronto, à 10 000 kilomètres de Téhéran.

Avec l'Agence France-Presse

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