Européennes 2014: le Front national à 18% devant le Parti socialiste (SONDAGE)

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Marine Le Pen, lors de son élection à la présidence du FN | AFP

ELECTIONS EUROPÉENNES - Après les municipales, ce sera l'autre grand rendez-vous électoral de 2014 et il s'annonce d'ores et déjà corsé pour le Parti socialiste. A un an des élections européennes, un sondage YouGov réalisé pour Le HuffPost et Itélé annonce une déroute du parti dirigé par Harlem Désir ainsi que l'explosion des intentions de vote pour le Front national.

Une chose est sûre, l'enjeu de cette élection européenne, en plein débat sur l'austérité et sur le futur gouvernement économique de la zone euro, est relativement fort. 55% des français jugent que le scrutin aura des conséquences très ou assez importantes. Un score qui grimpe à 66% pour les électeurs de droite qui voient probablement dans cette échéance l'occasion de sanctionner le gouvernement de Jean-Marc Ayrault au-delà des municipales.

L'UMP talonnée par le Front national

En attendant, ce contexte n'est guère favorable aux partis de gouvernement. Comme en 2009, l'UMP se classe en tête mais avec seulement 19% d'intentions de vote. Le parti de Jean-François Copé, qui avait recueilli 28% des suffrages en 2009 (dans le cadre il est vrai d'une alliance avec le Nouveau Centre), ne dépasse que d'une courte tête le Front national (18%) qui pointe désormais en deuxième position.

Un score proche de celui remporté par Marine Le Pen à l'élection présidentielle et qui, s'il devait se confirmer, ferait grimper le parti d'extrême droite de plus de 10 points en 5 ans. En 2009, les sondages n'avaient jamais placé le FN au-dessus de 9%.

"Au rythme où vont les choses, le Front national va terminer premier aux élections européennes de mai 2014", pronostiquait d'ailleurs récemment Marine Le Pen, en s'appuyant sur des sondages confidentiels qui créditent son parti d'un score équivalent à celui de l'institut YouGov. "Les sondages nous placent déjà à 18%, alors que nous avions 10,5% en 2010 [sic]. Nous allons avoir de vraies têtes de liste dans chaque grande région, des hauts dirigeants du parti et non des personnes inconnues comme le font l'UMP et le PS", expliquait-elle début juin dans les colonnes du Parisien Dimanche.

"Il ne fait aucun doute que nous pouvons faire encore mieux que ce que les sondages prédisent. Si tel est le cas, alors nous triplerions voire quadruplerions notre résultat de la précédente occurrence de ce scrutin", se réjouit par avance Steeve Briois, le secrétaire général du FN

L'effondrement du Parti socialiste, la revanche du Front de gauche

Autre enseignement majeur de cette première tendance, le Parti socialiste s'effondre et se retrouve au même niveau d'intentions de vote que le Front de Gauche, les deux partis étant crédités de 15% des intentions de vote. "Ce faible score s'explique par une dispersion de l'électorat PS au profit des autres listes de gauche modérée (EELV, ou divers gauche), plutôt que par la concurrence du Front de Gauche", analyse Suzanne Ter-Minassian. Selon la responsable de la recherche politique et sociale chez YouGov, "seuls 52% des sympathisants socialistes ou écologistes disent prévoir de voter pour les listes PS, 17% pour EE-LV, 10% pour une autre liste de Gauche, et 7% pour le Front de Gauche".

En clair, le parti de François Hollande est très loin de faire le plein de voix dans son propre électorat et pourrait, si cette tendance se confirme, subir une défaite encore pire que celle enregistrée aux élections européennes de 2009. A l'époque, la campagne du PS avait été plombée par le psychodrame du congrès de Reims. Le parti, alors dirigé par Martine Aubry, avait perdu 17 sièges d'eurodéputés.

Mais contrairement à 2009, ce ne sera probablement pas Europe-Ecologie-Les Verts qui en profitera. Les écologistes, privés du leadership de Daniel Cohn-Bendit, ne sont aujourd'hui crédités que de 7% des intentions de vote (contre 16,2% en 2009).

L'autre surprise de ce scrutin est donc plutôt à attendre du côté du Front de Gauche qui pourrait doubler son score de 2009. Mais en se maintenant à un niveau élevé (8% d'intentions de vote), le Modem de François Bayrou garde toute sa légitimité européenne et pourrait même s'offrir le luxe d'écraser son rival au centre, l'UDI de Jean-Louis Borloo, qui n'est créditée que de 5% des suffrages.

Sondage exclusif réalisé sur Internet entre le 7 et le 12
juin 2013 (méthode des quotas) sur un échantillon représentatif de 1014 Français en partenariat avec:

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