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13/06/2013 02:50 EDT | Actualisé 13/08/2013 05:12 EDT

Canada: la Cour suprême examine des lois qui limitent la prostitution

La Cour suprême du Canada a entamé jeudi l'examen de certaines lois limitant l'exercice de la prostitution, dont des travailleuses du sexe pensent qu'elles compromettent leur sécurité physique et violent leurs droits constitutionnels.

"C'est un problème de sécurité", a expliqué devant le bâtiment de la Cour Valerie Scott, qui avait contesté ces lois il y a plusieurs années à Toronto, avec ses consoeurs Terri Jean Bedford et Amy Lebovitch.

"Le travail du sexe a toujours été légal au Canada, mais la loi sur les maisons closes nous empêche de travailler chez nous et la loi sur la communication en public (autrement dit le racolage, ndlr) nous empêche de travailler dehors. Nous ne pouvons pas respecter l'une sans violer l'autre", a expliqué l'ancienne prostituée.

Les travailleuses du sexe avaient obtenu gain de cause. Mais le ministère canadien de la Justice a déposé un appel, il y a un an, contre une décision de justice permettant de facto de tenir des maisons closes et de vivre des revenus de la prostitution, et la Cour suprême s'est penché sur cet appel.

La dernière décision de justice autorisait les prostituées à embaucher des collaborateurs, mais son application a été suspendue pendant un an pour permettre au parlement de modifier la législation.

En attendant, la loi en vigueur, visant en principe les proxénètes, empêche les travailleuses du sexe d'avoir un chauffeur, une standardiste ou un garde du corps.

"Cette cause ne concerne ni la politique ni la religion, a poursuivi Valerie Scott. Il s'agit du droit d'exercer une occupation légale en sécurité, sur un pied d'égalité".

Une bonne centaine de personnes portant des parapluies rouges sont venues soutenir leur cause devant l'entrée. "Pouvons-nous avoir un peu d'amour pour les travailleuses du sexe ?", scandaient-elles, alors que l'une d'entre elles levait un panneau déclarant: "Il n'y a pas de mauvaises putains, juste de mauvaises lois".

Les "abolitionnistes", militantes qui voudraient l'élimination du plus ancien métier du monde, se sont également manifestées. "Je ne veux pas que mon voisin ouvre un bordel. Cela mettrait en danger mes enfants", a dit Bridget Perrier, elle aussi ancienne travailleuse du sexe.

amc/via/sab/are

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