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12/06/2013 06:55 EDT | Actualisé 12/08/2013 05:12 EDT

Tensions en Grèce après la mise en veilleuse du diffuseur public

Les deux plus importants syndicats grecs ont appelé mercredi à une grève de 24 heures jeudi pour protester contre l'arrêt des trois chaînes de télévision et des radios du service public, ERT, alors que les signaux étaient interrompus en matinée.

Des milliers de manifestants ont quant à eux passé la nuit à l'extérieur du siège social de l'entreprise, au nord d'Athènes, pendant que les journalistes continuaient à diffuser en direct sur le web.

La fermeture du diffuseur public, qui implique la mise à pied de 2500 personnes et choque le public, vise à réduire les dépenses du gouvernement.

Le Parti socialiste grec (Pasok) et la Gauche démocratique, tous deux membres du gouvernement de coalition, disent qu'ils n'ont pas été consultés sur cette affaire et ils réclament la reprise des émissions. « L'ERT est devenue le catalyseur des questions liées à la démocratie, à l'impartialité de l'État et à la stabilité de la voie suivie par le pays », a déclaré mercredi Evangélos Vénizélos, le chef de file du Pasok.

Le décret du premier ministre conservateur Antonis Samaras qui ordonne la fermeture d'ERT, doit être ratifié par le Parlement d'ici trois mois, et cela est impossible sans l'appui des parlementaires de la coalition.

Le gouvernement a par ailleurs promis, mercredi, qu'un nouveau diffuseur public, sous une forme réduite, verrait le jour avant la fin de l'été.

« Nous n'avons pas arrêté ERT, nous avons temporairement suspendu ses programmes pour le restructurer et pour qu'il fonctionne sur des bases saines », a-t-il dit.

Le gouvernement a indiqué qu'ERT était l'exemple d'un « incroyable gâchis » et que sa suspension devrait permettre aux contribuables d'économiser de l'argent.

Le syndicat des journalistes a dénoncé un « coup d'État » destiné à museler l'information et a appelé à des mouvements de grève dans tous les médias grecs.

La Commission européenne assure qu'elle n'y est pour rien

Pour sa part, la Commission européenne assure n'avoir jamais exigé la fermeture du diffuseur public en échange du dernier plan de sauvetage financier alloué à la Grèce. « La Commission n'a pas demandé la fermeture de l'ERT, pas plus qu'elle ne conteste le mandat du gouvernement grec à gérer le secteur public », a déclaré Olli Rehn, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires.

Quant à l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe, elle déplore la décision des autorités grecques, qui prive les citoyens d'un pluralisme dans les médias. L'organisme européen rappelle que la télévision et la radio publique jouent un rôle indispensable dans la démocratie d'un pays et que c'est la seule source d'information qui a légalement l'obligation de fournir des informations objectives, ce qui est particulièrement important durant les périodes difficiles.

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