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12/06/2013 08:49 EDT | Actualisé 12/08/2013 05:12 EDT

Syrie : l'armement des rebelles toujours à l'ordre du jour

Au moment où les discussions sur la conférence internationale sur la Syrie semblent au point mort, la question de l'armement des rebelles syriens refait surface.

La récente reprise par l'armée syrienne de la ville de Kousseïr, avec l'appui du Hezbollah, fait craindre aux soutiens de la rébellion une reprise en main par le régime. D'autant que des offensives sont annoncées à Homs et Alep dans les prochains jours.

« Il faut qu'on puisse arrêter cette progression, avant Alep », a lancé mercredi le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius.

De son côté, le secrétaire d'État américain John Kerry a reporté une tournée au Proche-Orient pour des réunions consacrées à la Syrie. Il a reçu mercredi à Washington son homologue britannique William Hague.

« Nous devrons être prêts à faire plus pour sauver des vies, pour mettre la pression sur le régime d'Assad afin qu'il négocie sérieusement, et pour empêcher le développement de l'extrémisme et du terrorisme », a affirmé M. Hague à l'issue de la rencontre.

Le président américain Barack Obama a demandé cette semaine à son «  équipe de sécurité nationale d'examiner toutes les options possibles  » pour aider l'opposition.

« Toutes les options, sauf celle de troupes au sol, sont sur la table », a précisé la porte-parole du département d'État, Jennifer Psaki.

Londres et Paris affirment ne pas avoir encore pris de décision.

Rééquilibrage

Le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères avait indiqué mardi que le conflit syrien est à un tournant après la reconquête de Kousseïr par le régime, ce qui implique de réexaminer l'opportunité d'armer les rebelles.

« Il faut qu'il y ait un rééquilibrage [...] Si on n'a pas de rééquilibrage sur le terrain, il n'y aura pas de conférence de la paix à Genève, l'opposition n'acceptera pas d'y venir », a-t-il déclaré Laurent Fabius. « Pour que les soldats de la résistance puissent se défendre, il faut qu'ils disposent d'armes [...] il ne s'agit pas d'armer pour armer, mais il faut qu'il y ait un rééquilibrage », a-t-il expliqué.

Fait nouveau

Les pays soutenant la rébellion, qui avaient l'habitude de se réunir avec les dirigeants civils de l'opposition, principalement à Istanbul en Turquie, vont rencontrer samedi le chef du Conseil militaire suprême de l'armée syrienne, Salim Idriss.

Selon des sources occidentales, la rencontre a pour objectif de discuter d'une « mise en œuvre concrète » de l'aide et d'« intensifier le dialogue ».

Les mêmes sources affirment que M. Idriss est considéré comme un interlocuteur fiable par les Occidentaux. Mais pour asseoir son autorité sur le terrain, il a besoin d'argent et d'armes.

Visiblement, les divisions persistantes de l'opposition syrienne ont fini par convaincre les puissances occidentales et les monarchies du Golfe de s'adresser directement aux rebelles qui s'activent sur le terrain.

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