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12/06/2013 12:54 EDT | Actualisé 12/08/2013 05:12 EDT

L'Éthiopie reste déterminée à concrétiser son projet de barrage sur le Nil

ADDIS ABEBA, Éthiopie - Le premier ministre de l'Éthiopie a assuré que rien ni personne ne pourrait bloquer le projet de barrage sur le Nil après que le président égyptien eut averti que «toutes les options étaient ouvertes» pour entraver la mise en oeuvre de ce projet de 4,2 milliards $ US.

Au cours d'une entrevue avec le diffuseur public, mardi, le premier ministre éthiopien, Hailemariam Desalegn, a suggéré que la guerre ne faisait probablement pas partie des «options» envisagées par l'Égypte.

À moins que le gouvernement égyptien ne devienne fou, une guerre n'éclatera pas entre les deux pays, a lancé le premier ministre, qui a appelé le président Mohammed Morsi à abandonner cette approche peu constructive et à rétablir le dialogue.

L'Éthiopie a commencé en mai à détourner le cours du Nil Bleu, non loin de la frontière avec le Soudan, afin de préparer la construction du barrage hydroélectrique. Celui-ci deviendrait le plus imposant du continent africain.

Jusqu’à 85 pour cent de l'eau du Nil provient de l'Éthiopie. L'Égypte a déjà menacé d'entrer en guerre pour défendre ses «droits historiques» sur ces eaux.

Un groupe d'experts de l'Égypte, du Soudan et de l'Éthiopie a cependant conclu que le barrage n'affecterait pas l'approvisionnement en eau, et ce, tant en Égypte qu'au Soudan, a expliqué le premier ministre éthiopien.

Les conclusions de ce rapport ont été bien accueillies au Soudan, a fait remarquer Hailemariam Desalegn, qui en a profité pour décocher une flèche en direction de l'Égypte.

«J'aimerais remercier le gouvernement et la population du Soudan pour leur soutien et leur détermination à oeuvrer pour notre bénéfice mutuel. D'autres devraient en tirer des leçons», a-t-il lâché lors de l'entrevue.

Son ministre des Affaires étrangères avait été nettement plus cinglant la veille, condamnant Le Caire pour sa «rhétorique belliqueuse» et affirmant que l'Éthiopie ne songerait «même pas une seconde» à mettre fin à la construction du barrage sur le Nil.

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