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12/06/2013 10:36 EDT | Actualisé 12/08/2013 05:12 EDT

Directeur parlementaire du budget : un conservateur dans le comité de sélection

Le prochain directeur parlementaire du budget aura « zéro crédibilité » aux yeux de Thomas Mulcair compte tenu du processus de sélection « frauduleux » pour le choisir.

Le chef du Nouveau Parti démocratique a proposé un projet de loi pour que celui qui sera chargé d'examiner les finances du gouvernement soit redevable au Parlement -- et non à sa bibliothèque, comme c'est le cas actuellement. Sans surprise, les conservateurs majoritaires ont voté contre cette initiative, qui a été rejetée avec le score 131 contre 148 en seconde lecture mercredi aux Communes.

Entre-temps, le site ipolitics a révélé que le chef de cabinet du leader en Chambre pour le gouvernement, Peter Van Loan, siège au comité chargé de choisir le successeur de Kevin Page. Des sources ont indiqué qu'Adam Church prend part à ce processus de sélection, ce qui discrédite l'exercice aux yeux de M. Mulcair.

« La personne qui va être choisie dans un processus où c'est le bureau de Peter Van Loan qui est en train de dicter le résultat aura zéro crédibilité », a tranché le chef néo-démocrate à la sortie de son caucus hebdomadaire.

Selon lui, cette intervention du cabinet de M. Van Loan « est juste la preuve concluante que le processus de sélection du successeur de M. Page est frauduleux. C'est une fraude sur l'électorat, une fraude sur le parlement. »

Selon le député libéral Bob Rae, la nouvelle personne qui sera choisie pour occuper le poste risque de ne pas avoir l'indépendance nécessaire à son travail. « Ça veut dire que ce sera quelqu'un qui est loyal complètement au Parti conservateur et pas quelqu'un qui reflète un point de vue indépendant. »

Comme en 2006, selon les conservateurs

Interrogé en Chambre sur la question, M. Van Loan a assuré que le processus qui a lieu actuellement est un copié-collé de celui qui a eu lieu pour Kevin Page en 2006.

« Le processus qui a été suivi est exactement le même processus suivi dans le passé », a-t-il signalé, ajoutant que la loi demandait qu'un comité de sélection soit formé et présidé par le bibliothécaire du Parlement. Il n'a toutefois pas spécifié si un membre de son cabinet siégeait au comité lorsque M. Page a été nommé.

Néo-démocrates et libéraux disent par ailleurs ne pas avoir été consultés pour le choix du nouveau chien de garde en matière de finances, alors qu'ils l'avaient pourtant été pour la nomination en 2006.

Le mandat de M. Page a pris fin ce printemps. Ses relations avec le bureau du premier ministre étaient loin d'être un long fleuve tranquille, après qu'il eut déterré au fil des années quantité de scandales qui ont alimenté les attaques des partis d'opposition.

La Presse Canadienne

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