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11/06/2013 01:06 EDT | Actualisé 11/08/2013 05:12 EDT

Port du turban : Pauline Marois appuie la fédération québécoise

PC

La première ministre Pauline Marois qualifie d'« inacceptable » la suspension imposée par l'Association canadienne de soccer (ACS) à la Fédération de soccer du Québec (FSQ) en raison de sa décision d'interdire le port de turban, de patka et de keski par les joueurs.

Pauline Marois estime que l'ACS a outrepassé son mandat. La Fédération québécoise est « autonome » , a le droit d'établir « ses propres règlements » et « n'est pas assujettie » à l'association canadienne, a fait valoir Mme Marois lors d'un court point de presse à l'Assemblée nationale.

La première ministre a ajouté qu'elle appuyait les « orientations » de l'organisme québécois, qui a soulevé la controverse au pays avec sa décision.

Surprise par la suspension que lui impose l'ACS, la FSQ tiendra une réunion d'urgence mardi soir afin de discuter de la situation.

Conséquences possibles

La décision de l'ACS, prise lundi soir, pourrait affecter la façon dont le Québec obtient la permission de participer à certaines compétitions nationales ou interprovinciales, ou encore en matière du choix des arbitres. La suspension pourrait également avoir des conséquences sur certaines subventions ou programmes de formation. Pour l'instant, aucune mesure concrète n'a été annoncée.

L'ancien joueur de l'Impact de Montréal et analyste de soccer Patrick Leduc explique que les joueurs québécois pourraient être privés de championnats canadiens en raison de cette suspension de la fédération. « Toutes les équipes québécoises seraient barrées de participer à un tel championnat canadien », illustre M. Leduc, faisant référence aux compétitions qui se tiennent au cours de l'été.

M. Leduc estime que deux possibilités s'offrent à la FSQ, soit revenir sur sa décision et rentrer dans le rang canadien ou maintenir sa décision et se dissocier de la fédération canadienne. La fédération québécoise devrait ainsi s'organiser avec les cotisations de ses membres.

L'accommodement de l'ACS touche une centaine de joueurs de soccer qui portent le turban.

Un ancien entraîneur de soccer sikh se dit déçu de la tournure des événements, estimant que la situation n'aurait pas dû prendre une telle ampleur et que la fédération québécoise devrait simplement changer son fusil d'épaule.

Sur le terrain politique, le ministre de l'Immigration Jason Kenney et le chef du Parti libéral du Canada (PLC), Justin Trudeau, ont quant à eux applaudi la décision de l'ACS.

Une question d'accessibilité

Le président de l'ACS, Victor Montagliani, a indiqué que son organisme a demandé, jeudi dernier, à la FSQ d'infirmer sa décision. Il a ajouté que « l'inaction de la Fédération forçait (l'ACS) à prendre des mesures afin d'assurer que le soccer demeure accessible au plus grand nombre de Canadiens ».

Pour l'ACS, le Québec doit cesser de faire bande à part et permettre le port du turban sur les terrains de soccer, comme le fait déjà le reste du Canada. Elle affirme que la suspension ne sera levée que lorsque la FSQ aura obtempéré.

« Puisqu'une majorité équivoque de nos membres approuvent notre approche et l'ont mise en œuvre au sein de leurs communautés de soccer respectives, nous nous attendons à ce que la Fédération de soccer du Québec puisse en faire de même. » — Victor Montagliani, président de l'ACS

L'ACS rejette ainsi l'argument sécuritaire évoqué par la FSQ lorsqu'elle a décidé d'interdire le port du turban. La suspension de la FSQ au Canada est d'autant plus surprenante qu'elle s'appuie sur la réglementation de la Fédération internationale de football association (FIFA). La FIFA détaille les pièces d'équipement permises sur le terrain de soccer et le turban ne se retrouve pas sur cette liste.

L'ACS rappelle que la consigne d'autoriser le port du turban, du patkas et du keski a été transmise le 11 avril 2013 à tous ses membres provinciaux et territoriaux et est depuis « appliquée avec succès à travers le Canada ».

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