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11/06/2013 10:06 EDT | Actualisé 11/08/2013 05:12 EDT

Le programme PRISM continue de faire des vagues

Le mouvement de protestations contre PRISM, le programme de surveillance de données du gouvernement américain, commence à s'organiser. En plus des requêtes de transparence envoyées par Google, Microsoft et Facebook à Washington, plus de 80 fondations et ONG ont lancé mardi la plate-forme stopwatching.us, où individus, entreprises privées et membres du Congrès sont invités à partager leur mécontentement.

« Les révélations sur le mécanisme de surveillance du National Security Agency (NSA), si elles sont vraies, représentent un abus effarant de nos droits les plus primaires », est-il écrit sur la page d'accueil du site. La coalition exige également plus de transparence sur l'étendue de PRISM, qu'elle va jusqu'à qualifier de programme « d'espionnage ». Plus de 27 000 signatures ont été recueillies en moins de 24 h. 

Google, Facebook et Microsoft pressent aussi le gouvernement à s'engager sur la voie de la transparence. Google demande spécifiquement aux autorités de lever les restrictions de confidentialité sur les programmes de surveillance sanctionnés par la cour.

« Google n'a rien à cacher », affirme le chef du département juridique de la compagnie, David Drummond.

L'American Civil Liberties Union (ACLU), une puissante organisation aux États-Unis, a quant à elle entamé une poursuite judiciaire contre le programme massif de collecte de données téléphoniques, qu'elle juge anticonstitutionnelle. L'ACLU plaide que ce partage d'informations viole le quatrième amendement adopté en 1791 et garantissant le droit à la vie privée.

La réplique du Congrès

Un groupe de sénateurs démocrates et républicains a présenté un projet de loi visant à dissoudre la culture du secret entourant les programmes de surveillance approuvés par le Foreign Intelligence Surveillance Court, la cour qui a décidé du renouvellement de l'ordonnance secrète s'appliquant à Verizon. 

« Nous allons avoir plusieurs consultations sur cette question », a poursuivi la sénatrice démocrate Barbara Mikulski. Elle attend notamment des réponses concernant l'embauche d'Edward Snowden.

Elle s'explique difficilement comme un jeune décrocheur a pu obtenir un poste au service de la sécurité nationale des États-Unis ainsi qu'un accès aux secrets parmi les mieux gardés du gouvernement.

Recherché

De son côté, l'administration Obama a lancé sa propre étude interne afin de connaître les impacts que pourraient avoir les révélations d'Edward Snowden, un ancien technicien de la CIA responsable des fuites sur le programme de surveillance du gouvernement.

Il s'agira notamment de déterminer si des groupes visés par les autorités en matière de sécurité ont adopté d'autres techniques de partage d'informations à la suite des récentes révélations.

L'enquête de l'exécutif de Washington s'ajoute à celle, criminelle, déjà menée par le Département de justice contre Edward Snowden, 29 ans.

« C'est un traître », a dit sans détour le président de la Chambre des représentants, le républicain John Boehner.

« La divulgation d'informations met les Américains en danger, a-t-il rajouté. Cela montre à nos adversaires l'étendue de nos capacités. C'est une très grande violation de la loi. »

Craignant sûrement la menace d'extradition qui pèse sur lui, le jeune homme s'est évaporé après avoir donné une entrevue au journal The Guardian, dans un hôtel de Hong Kong.

Quant à la Russie, elle affirme qu'elle accepterait toute demande d'asile de la part du jeune Américain.

Sur le Vieux Continent, le débat sur la vie privée a enflammé les députés du Parlement européen de Bruxelles. La plupart ont plaidé pour une révision des accords de partage de données avec les États-Unis, certains datant d'une décennie.

« Nous avons besoin de prendre du recul et de dire clairement : "la surveillance de masse n'est pas ce que nous voulons" », a déclaré le député des Verts allemands, Jan Philipp Albrecht.

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