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11/06/2013 09:19 EDT | Actualisé 11/08/2013 05:12 EDT

Le pape François reconnaît la corruption et l'existence d'un «lobby gay»

AFP

Le pape François a reconnu la difficulté de la réforme de la Curie romaine en parlant d'un "courant de corruption" et de l'existence d'un "lobby gay" dans une rencontre récente avec des religieux et religieuses latino-américains, rapporte mardi l'agence d'informations I.Media.

La réforme de la Curie (gouvernement de l'Eglise), voulue par "presque tous les cardinaux" lors des réunions préparatoires du dernier conclave, est une entreprise "difficile", a-t-il reconnu lors d'une audience qu'il accordait, le 6 juin, aux responsables de la Confédération latino-américaine et des Caraïbes des religieux et religieuses (CLAR), affirmant son incapacité à la mener lui-même.

Selon une synthèse de cet échange de près d'une heure, rapportée le 11 juin par le site catholique progressiste Reflexión y Liberación, le pape a ajouté: "Dans la curie, il y a des gens saints, vraiment, mais il y a aussi un courant de corruption". "On parle de 'lobby gay', et c'est vrai, il existe", a-t-il encore reconnu.

En février, le journal La Republicca affirmait déjà, par la voix d'un cardinal espagnol, l'existence d'"un réseau transversal uni par l'orientation sexuelle" qui aurait poussé le pape Benoît XVI à la démission, des affirmations qualifiées à l'époque de "manipulation" par le Vatican.

"Saint-Pierre n'avait pas de compte en banque"

Dans un plaidoyer en faveur d'une Eglise pauvre qui n'agisse pas en "entrepreneur", le pape a par ailleurs rappelé mardi, à l'occasion de la messe quotidienne dans la résidence Sainte-Marthe au Vatican, que "Saint-Pierre n'avait pas de compte en banque". "Quand nous voulons faire une Eglise riche, l'Eglise vieillit, n'a pas de vie". La pauvreté qui doit caractériser l'Eglise "nous sauve du risque de devenir des organisateurs, des entrepreneurs", a-t-il ajouté.

"Il faut certes poursuivre les oeuvres de l'Eglise -et certaines sont un peu complexes- mais avec un cœur habité par la pauvreté", a-t-il dit, en répétant que l'Eglise "n'est pas une ONG".

La pauvreté est un des piliers de l'enseignement du pape argentin, qui avait l'habitude à Buenos Aires de se rendre dans les quartiers pauvres. Il avait déclaré peu après son élection, en expliquant le choix de son nom, François d'Assise: "comme je voudrais une Eglise pauvre, pour les pauvres!". Il prépare une encyclique sur la béatitude de l'Evangile "Heureux les pauvres".

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