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11/06/2013 10:11 EDT | Actualisé 11/08/2013 05:12 EDT

Commission: Angelopoulos horrifié d'apprendre qu'un système existait à Laval

MONTRÉAL - Basile Angelopoulos, vice-président du comité exécutif de Laval, a affirmé devant la Commission Charbonneau, mardi, qu'il ignorait qu'il y sévissait un système de collusion et de ristournes. Il s'est dit scandalisé et horrifié par ce qu'il a appris depuis le début des audiences.

«J'apprends tout ce qui ressort suite aux travaux de cette commission et des enquêtes et tout le travail fait par les forces policières depuis plusieurs années. J'apprends ça et je suis non seulement scandalisé, comme la grande majorité des gens qui suivent ça, mais dans mon cas à moi, je suis également horrifié, parce que tout cela se passait, avait lieu à côté de moi, très près de moi, sans que j'aie eu ni connaissance ni soupçon», s'est-il exclamé.

M. Angelopoulos, qui a momentanément pris les responsabilités du maire de Laval Gilles Vaillancourt, après la démission de ce dernier, a aussi assuré qu'il ignorait ce que faisait l'ex-maire, selon ce qu'ont raconté plusieurs témoins devant la Commission Charbonneau.

«Je ne savais pas ce qu'il faisait. Comme la plupart des gens, j'ai appris et je continue d'apprendre sur ce qu'il faisait et sur ce que les gens impliqués dans ce système-là faisaient», a ajouté M. Angelopoulos. Au contraire, a-t-il précisé, il a vu le maire poser plusieurs questions et s'assurer du fait qu'il y avait plusieurs soumissionnaires pour un appel d'offres.

M. Angelopoulos a par ailleurs confirmé que l'ex-maire Vaillancourt l'a appelé, quelques jours après sa démission, pour lui dire de se dépêcher pour combler le poste de maire. Il corrobore ainsi le témoignage de Me Jean Bertrand, ex-représentant officiel du Parti du ralliement officiel (PRO) des Lavallois.

M. Angelopoulos a décrit M. Vaillancourt comme un homme «qui en menait large» à Laval, qui «était hands on», contrôlant, et qui déléguait peu ses tâches. C'est pourquoi il n'a pas été surpris que même après sa démission, il l'ait appelé pour lui donner des conseils de gestion.

Il a aussi informé la commission du fait que M. Vaillancourt a «fait une visite non annoncée» à son bureau d'avocat, «il y a un mois, un mois et demi» pour censément prendre des nouvelles de ses anciens collègues.

Il a soutenu que durant l'entretien de 15 à 20 minutes, il n'a alors pas été question des audiences de la Commission Charbonneau avec l'ex-maire maintenant accusé au criminel, ni des enquêtes en cours. «C'était plus 'comment vont les choses'», a-t-il relaté.

Après M. Angelopoulos, une autre conseillère municipale de Laval, Jocelyne Guertin, est venue à son tour admettre avoir été remboursée en argent comptant par Me Jean Bertrand pour les dons qu'elle a faits à son parti politique, le PRO des Lavallois.

Elle a dit avoir accepté, malgré son malaise. «Je me suis sentie obligée de le faire. Je reconnais que j'ai commis un grave impair de l'avoir fait, surtout que ça ne fait pas partie de mes valeurs. Mais pourquoi ne pas avoir directement dit: 'd'où ça vient cet argent-là?' Le contexte, la façon dont ça se faisait ne permettait quasiment pas de questionnement», a-t-elle commenté.

La demande qui lui était faite d'obtenir des prête-noms pour faire des chèques au PRO contre remboursement en argent comptant provenait de l'agent officiel, a-t-elle justifié. Il était avocat et il devait savoir qu'il avait «la latitude» pour demander ce qu'il demandait. Mais «il n'a jamais dit que ce qu'il nous demandait, c'était illégal», a martelé la conseillère municipale.

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