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11/06/2013 02:25 EDT | Actualisé 11/08/2013 05:12 EDT

Athènes annonce la fermeture immédiate du groupe ERT, la télévision publique en Grèce

INTERNATIONAL - Souvenez-vous du tollé provoqué en 2008 par l'annonce par Nicolas Sarkozy de la supression de la publicité après 20 heures sur les antennes de France Télévisions. Imaginez celui que provoquerait François Hollande s'il annonçait la suppression pure et simple du groupe...

C'est ce qu'a fait la Grèce. Le gouvernement grec a annoncé mardi soir la fermeture immédiate de la télévision publique ERT, en raison de sa mauvaise gestion. "La diffusion de ERT s'arrêtera après la fin des programmes ce soir", a déclaré le porte-parole du gouvernement, Simos Kedikoglou, à la presse, en soulignant que ERT, qui est composée de trois chaînes, constitue "un cas exceptionnel d'absence de transparence et de dépenses incroyables. Et tout ceci prend fin maintenant" a-t-il dit.

Une annonce sans préavis qui laisse près de 3000 employés sur le carreau

Il a précisé que l'organisme public rouvrirait sous une autre forme, avec un nombre de salariés considérablement réduit. Tous les salariés actuels, au nombre de 2.656, recevront une compensation et seront autorisés à postuler à un emploi dans la nouvelle structure, a-t-il dit.

Cette nouvelle a été annoncée sans préavis alors que les chefs de file des créanciers de la Grèce (UE-BCE-FMI) sont à Athènes. ERT appartient aux multiples organismes d'Etat qui devaient être restructurés ou fusionnés, selon le memorandum signé entre la Grèce et ses bailleurs de fonds.

"ERT appartient au peuple grec ... C'est le seul média indépendant et la seule voix publique, qui doit rester dans le domaine public (...) Nous condamnons cette décision soudaine", a annoncé le syndicat GSEE dans un communiqué.

"C'est un choc total", a commenté pour l'AFP un journaliste de la rédaction, Pantelis Gonos, tandis que des centaines de personnes commençaient à affluer autour du siège de la télévision publique, dans la banlieue nord d'Athènes. "Le gouvernement, sans consultation ni discussion, a choqué tout le monde en annonçant la suspension à minuit de la télévision. Tous les écrans vont être noirs et personne ne sait quand elle rouvrira", a-t-il dit.

Le syndicat de journalistes Poesy a appelé à une grève immédiate de soutien dans les médias privés. "Le gouvernement est déterminé à sacrifier la télévision publique et la radio" pour satisfaire les créanciers, a estimé le syndicat.

"En tant que journalistes, nous allons essayer de la maintenir ouverte et de poursuivre les diffusions jusqu'à ce qu'on nous ferme. Peut-être vont-ils faire venir la police ?", s'est interrogé Pantelis Gonos.

D'importantes forces de police, et notamment celle anti-émeutes, ont été déployées aux abords du siège de la chaîne, en plein cœur d'Athènes.

Alexis Tsipras, le chef du groupe parlementaire Syriza (gauche), s'est rendu sur place. Il a évoqué une "attaque de la démocratie".