NOUVELLES
10/06/2013 08:19 EDT | Actualisé 10/08/2013 05:12 EDT

La Conférence de Montréal accueille 3000 décideurs

Getty

Lors de l'ouverture de la 19e édition de la Conférence de Montréal lundi, Angel Gurria, le secrétaire général de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), a appelé les pays membres et leurs acteurs économiques à se préoccuper davantage de leur population, en leur reprochant du même souffle d'avoir négligé celles-ci au cours des dernières années.

« Ce que nous avons, c'est un nouveau paradigme, une nouvelle situation économique à la suite de la crise, où nous devons placer les populations avant tout. [...] Nous avons probablement oublié qu'à la fin, tout cela concerne les gens. Nous avons oublié qu'à la fin, si cela n'aide pas les populations, ça ne vaut pas grand-chose », a lancé Angel Gurria devant les participants de la Conférence de Montréal lundi.

M. Gurria a livré une analyse sans complaisance sur l'état du monde, indiquant que le ratio d'inégalité entre les riches et les pauvres se situe maintenant à 9. Cela signifie qu'en moyenne, les 10 % les plus riches ont un revenu neuf fois plus élevé que les 10 % les plus pauvres. Or, ce ratio était de 7 il y a une génération et atteint 14 aux États-Unis, 25 dans des pays comme le Mexique et le Chili et 50 au Brésil.

M. Gurria a également fait valoir que les gouvernements avaient épuisé toute marge de manoeuvre en terme de politique monétaire, avec des taux d'intérêt presque nuls, et avaient fait de même avec les politiques fiscales en augmentant à la limite leur niveau d'endettement pour contrer la crise.

Selon M. Gurria, les gouvernements et les acteurs économiques « doivent absolument faire le douloureux exercice de repenser leurs façons de faire ».

Pour ce faire, l'OCDE estime qu'il faut suivre quatre axes d'intervention, soit se concentrer sur l'éducation, l'innovation et la compétitivité; investir davantage dans les programmes sociaux pour venir en aide aux quelque 14 millions de victimes de la crise dans les pays membres; adopter des pratiques plus écologiques dans tous les domaines, car l'humanité se dirige droit vers une collision irréparable avec son environnement; et enfin se concentrer sur les institutions afin de rétablir le lien de confiance brisé entre la population et ses dirigeants, ses institutions politiques et le système bancaire entre autres.

Discours de Pauline Marois

La première ministre du Québec, Pauline Marois, qui avait pris la parole tout juste avant M. Gurria, avait elle-même abordé la question des iniquités dans un discours où elle faisait la promotion du Québec.

« Le Québec est l'endroit en Amérique du Nord où la richesse est la mieux partagée », a-t-elle affirmé.

À l'issue de la rencontre, Mme Marois a soutenu que le Québec, de son côté, n'avait pas oublié sa population.

« Au Québec, il me semble que ce que nous faisons c'est au contraire d'essayer justement de se préoccuper des gens de toutes les façons possibles pour qu'il y ait une meilleure qualité de vie », a-t-elle affirmé.

La première ministre a avancé que les politiques familiales qu'elle avait elle-même amorcées et qui ont été poursuivies par le gouvernement Charest sont enviées partout et ont amené une qualité de vie parmi les meilleures au monde chez les familles québécoises.

Par ailleurs, devant l'auditoire international du forum, Mme Marois a fait valoir plusieurs arguments en faveur du Québec, invitant les décideurs étrangers à venir s'y installer et à y faire des affaires.

Quatre jours de conférence

La Conférence de Montréal, est organisée par le Forum économique international des Amériques. Elle a lieu au Hilton Bonaventure, et ce jusqu'à jeudi. Quelque 3000 participants sont attendus.

Sous le thème « Un nouveau cycle économique : nouvelles réalités, nouvelles possibilités », l'événement rassemble surtout des gens d'affaires, des politiciens et des universitaires pour discuter notamment de politiques d'austérité, de commerce international et de développement durable et de mondialisation.

Mentionnons que la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics a tenu un rassemblement en fin d'avant-midi devant l'hôtel où se déroule la Conférence de Montréal. La CLAC (Convergence des luttes anticapitaliste) prévoyait aussi une manifestation en fin de journée pour dénoncer la tenue de l'événement.

INOLTRE SU HUFFPOST

Les pays les plus riches du monde par habitant