BIEN-ÊTRE

Hong Kong fait ses adieux à son gros canard jaune avant sa migration vers les Etats-Unis

09/06/2013 12:33 EDT | Actualisé 09/08/2013 05:12 EDT

Des milliers de personnes ont rendu un dernier hommage dimanche dans le port de Hong Kong à un immense canard jaune en plastique, création d'un artiste néerlandais qui a suscité des passions antagoniques pendant plusieurs semaines, avant sa migration d'été vers les Etats-Unis.

Des foules nombreuses de Hongkongais et de touristes de Chine populaire ont déferlé sur les quais du port Victoria depuis le 2 mai pour observer de près le palmipède de 16,5 mètres de haut.

Ce canard conçu par Florentijn Hofman a déjà parcouru des dizaines de milliers de kilomètres pour des installations dans 13 villes différentes, dont Saint-Nazaire (ouest de la France) en 2007 et Sydney cette année.

Le canard a provoqué une véritable fièvre populaire --et commerciale-- dans la mégapole chinoise (sud) mais également suscité une polémique sur les prétendues ambitions artistiques de son créateur.

Certains internautes ont dénoncé dans le gros canard une simple réplique du célèbre jouet de bain pour enfants. Lars Nittve, directeur général du futur musée d'art contemporain "M+", défend au contraire "un moment important pour la vie artistique à Hong Kong".

"Le public a commencé à réfléchir à ce qui est ou n'est pas de l'art", estime-t-il.

En Chine populaire, le canard a provoqué un autre type de turbulences, des internautes ayant notamment détourné une célèbre photo de 1989, où les palmipèdes remplacent une colonne de chars place Tiananmen.

Ce cliché, où un homme seul stoppe la colonne de chars, est devenu emblématique de la sanglante répression du mouvement démocratique des étudiants chinois, écrasé dans le sang le 4 juin 1989, dont les autorités ont interdit toute commémoration mardi.

La photo de la colonne de canards jaunes n'a visiblement pas fait sourire les autorités communistes, à l'instar de toute recherche sur la date du 4 juin ou des mots tels que "Tiananmen" ou "bougie", bloquée sur internet.