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Turquie: l'Union européenne défend le droit de manifester pacifiquement

07/06/2013 06:18 EDT | Actualisé 07/08/2013 05:12 EDT

ISTANBUL - Un important dirigeant de l'Union européenne a dénoncé vendredi l'intervention musclée de la police turque à l'endroit de manifestants la semaine dernière, affirmant à un auditoire qui comprenait notamment le premier ministre turc qu'une enquête rapide et transparente est nécessaire.

Stefan Fule, le Commissaire européen à l’Élargissement et à la Politique européenne de voisinage, a fait ces commentaires lors d'une conférence ayant comme objectif de mousser l'adhésion de la Turquie au bloc des 27.

M. Fule a déclaré que les sociétés démocratiques doivent tolérer des manifestations pacifiques et que la brutalité policière est inacceptable.

Au moins trois personnes ont perdu la vie depuis le début des manifestations, la semaine dernière, et des milliers d'autres personnes ont été blessées. Le gouvernement turc a reconnu que la police a fait usage d'une force excessive.

Par ailleurs, le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan affirme qu'il ne peut céder aux demandes des manifestants, en raison de ses responsabilités envers la moitié des Turcs qui ont voté pour lui.

M. Erdogan a répété aux journalistes que les manifestations qui déchirent son pays depuis une semaine sont antidémocratiques et qu'elles ont été fomentées par une minorité qui veut dominer la majorité.

M. Erdogan a expliqué que les Turcs qui ont voté pour lui lui demanderaient des comptes s'il devait plier face aux manifestants.

Ses propos ont été repris par plusieurs quotidiens vendredi, 24 heures après que 10 000 partisans l'aient accueillis à l'aéroport d'Istanbul lors de son retour au pays après une visite en Afrique du Nord.

Des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues pour exprimer leur insatisfaction face à son règne des 10 dernières années.

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