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Registres d'appels: le gouvernement n'écoute pas vos conversations, dit Obama

07/06/2013 12:48 EDT | Actualisé 07/08/2013 05:12 EDT

WASHINGTON - Le président des États-Unis a défendu, vendredi, le programme de surveillance secret des registres téléphoniques du pays, affirmant qu'il s'agissait d'une mesure essentielle contre le terrorisme, tout en assurant les Américains que personne n'écoutait leurs conversations.

Lors d'un point de presse avec les journalistes en marge d'un événement en Californie, Barack Obama a déclaré qu'il était «important de reconnaître qu'on ne peut avoir une sécurité à 100 pour cent et avoir aussi une vie privée à 100 pour cent sans aucun inconvénient».

Des responsables du gouvernement ont confirmé jeudi que l'agence de sécurité nationale collectait les registres d'appels de millions de clients américains. L'information avait d'abord été publiée par le quotidien britannique «The Guardian».

Selon le journal, une ordonnance judiciaire secrète permet à l'agence de sécurité nationale de collecter les registres d'appels de tous les clients de l'opérateur Verizon, le plus important des États-Unis. Mais des experts du renseignement ont affirmé que l'ordonnance visait les registres de tous les opérateurs téléphoniques du pays.

Un autre programme secret révélé jeudi concerne la surveillance des activités en ligne de citoyens étrangers se trouvant à l'extérieur du pays qui utilisent l'un des neuf fournisseurs internet américains, comme Microsoft ou Google.

Dans ses premiers commentaires publics depuis la révélation de ces programmes de surveillance, Barack Obama a affirmé que des mesures de précaution avaient été mises en place, assurant que le gouvernement n'écoutait pas le contenu des conversations des Américains.

Ce programme «nous aide à déjouer des attaques terroristes», a dit le président. Il a affirmé avoir conclu que la prévention était préférable à «de modestes empiétements sur la vie privée».

Les déclarations du président surviennent alors que des membres du Congrès promettent de changer un programme qu'ils ont pourtant autorisé. Des militants des droits civils se sont demandé comment le président Obama, un ancien professeur de droit constitutionnel qui défendait le droit à la vie privée quand il était sénateur, peut accepter des politiques de surveillance semblables à celles de l'administration Bush, alors qu'il avait promis de les combattre.

Barack Obama a déclaré qu'il était arrivé à la présidence avec un «scepticisme sain» face au programme de surveillance et qu'il avait renforcé certaines «mesures de précaution». Il a souligné que le Congrès et des juges fédéraux supervisaient le programme, et que l'écoute des conversations de personnes suspectes exigeait l'autorisation d'un juge à chaque fois.

«Personne n'écoute vos conversations téléphoniques», a-t-il assuré. «Ce n'est pas ce sur quoi porte ce programme.»

Il a précisé que l'agence de sécurité nationale analysait principalement «les numéros de téléphone et la durée des appels».

«Ils ne regardent pas les noms des gens et ils ne regardent pas le contenu (des conversations). Mais en analysant cette soi-disant méga base de données, ils peuvent identifier des pistes potentielles menant à des gens qui pourraient encourager le terrorisme», a déclaré M. Obama.

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