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Prix Gémeaux : en attendant que la paix revienne... (VIDÉO)

07/06/2013 05:51 EDT | Actualisé 07/08/2013 05:12 EDT

Richard Speer ne promet pas de miracles. Bien sûr, le nouveau président du conseil d'administration de l'Académie canadienne du cinéma et de la télévision aimerait voir les producteurs et diffuseurs qui boycottent le Gala des Prix Gémeaux depuis quelques années rentrer au bercail et célébrer le petit écran d'ici avec le reste de l'industrie, mais il ne peut pas garantir que les dissidents seront de la fête l'an prochain. Richard Speer assure toutefois que des discussions ont été entamées et a bon espoir de pouvoir améliorer la situation.

C'est ce que l'homme a expliqué jeudi après-midi, alors qu'on dévoilait l'identité des finalistes de la 28e édition de la remise de trophées, qui se tiendra le 15 septembre prochain. Comme on s'y attendait, 19-2 mène le bal avec 16 mentions, notamment dans les catégories Meilleure série dramatique, Meilleure réalisation (Podz), Meilleur texte (Réal Bossé, Danielle Dansereau, Claude Legault), Meilleur premier rôle masculin (Réal Bossé et Claude Legault), Meilleur rôle de soutien masculin (Sylvain Marcel) et Meilleur rôle de soutien féminin (Julie Perreault et Louise Turcot).

Suivent, dans l'ordre, Toute la vérité (13 citations), Mauvais karma, Mon meilleur ami et Tu m'aimes-tu? (12), Mémoires vives et O' (11), Bye Bye 2012 et Un sur 2 (10), En thérapie (8), Les Parent (7), et La galère, Les bobos et Yamaska (6).

Vers une réconciliation?

Plusieurs absences de taille se font par contre sentir dans cette liste : Unité 9, 30 vies et Trauma (Aetios Productions), Lance et compte : la déchirure (Gaëa Films), La voix (Productions J), ainsi que toutes les émissions orchestrées à l'interne à TVA. Parce que ces titres n'ont pas été soumis au jury, leurs producteurs réclamant depuis plusieurs années des changements dans le processus de votation et d'attribution des statuettes, de même qu'une plus grande transparence de l'opération. Plusieurs tentatives ont été testées dans le passé (création de prix spéciaux, critères d'évaluation revus, décret d'une limite de victoires par catégorie, etc.), mais les problèmes de fond demeurent toujours présents.

Comme premier pas vers la médiation, Richard Speer soutient que des paramètres seront définis pour éviter tout conflit d'intérêts entre les membres du jury, et que celui-ci se verra imposer un code d'éthique « irréprochable ». Pour plus de transparence et de limpidité - et aussi pour « rendre hommage » à ces 300 professionnels bénévoles qui se sont réunis au College Dawson, le samedi 25 mai dernier, pour délibérer sur le tableau final des nominations, et qui exerceront leur droit de vote entre le 27 juin et le 23 août prochain -, les noms des juges seront publiés dans le programme de la soirée. Si un gagnant ne fait pas l'unanimité, les décideurs devront ainsi justifier publiquement leur choix.

On verra donc si ces mesures porteront fruit aux Gémeaux de 2014. Plusieurs fronceront néanmoins les sourcils en constatant que, cette année, aucune des détenues de la prison de Lietteville d'Unité 9 ne sera récompensée pour sa performance, et qu'on ne saluera de nulle façon le succès phénoménal de La voix. Mais Richard Speer ne s'en formalise pas outre-mesure, insistant sur la volonté de l'Académie de festoyer avec les artistes et artisans qui ont répondu à l'appel.

«C'est dommage, mais c'est la décision des producteurs. Il faut respecter leur choix. On est à l'écoute, mais le but demeure d'abord de souligner l'excellence de notre télévision», s'est-il contenté de laisser tomber, ajoutant au passage que les Gémeaux ont une signification particulière et qu'il faut préserver ce caractère unique.

Notons en outre que la comédie Les détestables, chapeautée par la boîte KOTV, appartenant entre autres à Louis Morissette, avait été inscrite, mais n'a pas été retenue dans la sélection finale des nominations.

Pas de méchancetés

René Simard, qui animera les Gémeaux pour la toute première fois de sa carrière, a affirmé jeudi qu'il souhaite offrir au public un événement festif, et qu'il ne misera pas sur le cynisme et les blagues caustiques ou méchantes. «Je ne suis pas baveux. J'aime la dérision, mais j'aime le monde, j'aime la télévision, et je veux que ça se ressente», a spécifié celui qui n'a par ailleurs pas l'intention de proposer une version revampée de RSVP.

L'homme-orchestre planche depuis déjà deux mois sur l'élaboration du gala, en compagnie de son équipe, composée du réalisateur Guy Gagnon, de la metteure en scène Geneviève Dorion-Coupal, du script-éditeur Daniel Langlois et du directeur musical Scott Price. On peut déjà annoncer que le numéro d'ouverture sera musical, avec une prestation de danse, mais René ne prévoit pas faire des pastiches et des imitations comme il l'a déjà fait dans des Bye Bye. Le maître de cérémonie dit éprouver «un trac contrôlé» devant le défi qui se dessine devant lui, mais maintient s'enlever de la pression en ne consultant pas les réseaux sociaux, dont il n'est de toute façon pas un habitué.

Et quels ont été ses coups de cœur dans la dernière année télévisuelle ? « Unité 9, Toute la vérité. Ma femme et mes enfants regardent La galère. Et j'adore les bulletins de nouvelles! », a énuméré l'artiste, qui cumule mille et un projets en marge des Prix Gémeaux.

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