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Le grand défi des recrues des Alouettes: s'adapter aux rigueurs du camp pro

07/06/2013 03:45 EDT | Actualisé 07/08/2013 05:12 EDT

SHERBROOKE, Qc - À chaque année c'est la même chose. Les jeunes recrues s'amènent dans les différents camps d'entraînement des clubs de la Ligue canadienne de football (LCF) en croyant connaître la somme de travail qui leur sera demandée à la suite de leur passage au football universitaire. Mais leur plus grand défi est bel et bien de s'adapter à la rigueur d'un camp professionnel.

Réunis sur le campus de l'université Bishop's, à Sherbrooke, les nouveaux-venus doivent rapidement se mettre au pas: dès le premier jour du camp, ils sont soumis à deux entraînements, en plus des cinq heures de réunions, afin d'apprivoiser le plus rapidement possible le livre de jeux de l'entraîneur-chef Dan Hawkins.

Au cours des 19 jours que durera le camp, qui s'est amorcé le 2 juin pour prendre fin le 20, les joueurs devront se soumettre à cet aride horaire — seules quelques journées ne comportent pas deux entraînements — et ils ne bénéficieront que de quatre jours de congé, en plus de disputer deux matchs préparatoires.

«Déjà, comme c'est une retraite fermée, tu sais que tu n'es là que pour le football. Il n'y a pas de distractions, a noté le bloqueur Simon Légaré, choix de sixième tour (47e au total) au dernier repêchage. Après les entraînements, tu dois trouver le temps d'aller subir des traitements si tu en as besoin et de prendre une bouchée, car en après-midi, les réunions commencent tôt.

«Une fois ces réunions terminées, tu tentes de trouver du temps pour apprendre tes jeux. Après, tu vas te coucher, car le lendemain, ça recommence dès 5h30 pour une autre journée. Il n'y a pas vraiment de moment pour prendre une pause ou faire autre chose.»

D'autres, comme le demi offensif Steven Lumbala, remarquent que la charge de travail pendant les entraînements n'est pas la même.

«De la façon dont les entraînements étaient dirigés à l'Université de Calgary, c'était très professionnel, alors je ne suis pas trop déboussolé, a expliqué le choix de premier tour, ciquième au total, du dernier repêchage. La différence majeure, c'est que ce n'est pas tout le monde qui a le même nombre de répétitions et avec le livre de jeux, c'est vraiment beaucoup de jeux qu'on doit apprendre en très peu de temps, parfois une seule soirée, avant de les exécuter le lendemain. Alors c'est un peu difficile d'apprendre tous ces jeux-là en un si court laps de temps, mais jusqu'ici, je crois que je m'ajuste plutôt bien.»

Avec le recul, le vétéran Luc Brodeur-Jourdain, qui participe à son sixième camp d'entraînement, estime quant à lui que la différence majeure se situe au niveau de l'implication physique.

«Les entraîneurs n'ont pas besoin de voir de quelle façon tu bloques ou tu plaques ton opposant, note le centre. C'est davantage axé sur l'application de stratégies. Oui, nous aurons des exercices défense contre attaque, mais ce sont davantage des exercices techniques que des exercices axés sur les contacts. La raison est bien simple: au niveau universitaire, une saison se compose de neuf matchs. Dans la LCF, on joue deux matchs préparatoires, une saison de 18 matchs et la possibilité d'en jouer trois autres en séries. Tout est fait en fonction de pouvoir compter sur tes joueurs pour toute la saison.»

Les recrues: sources de motivation

Si les recrues doivent s'acclimater à leur nouvel environnement, elles servent également à faire en sorte que les vétérans ne tiennent rien pour acquis. Si la motivation n'est parfois pas la même pour un vétéran, le travail des recrues lui rappellera que les contrats ne sont pas garantis au football professionnel.

«C'est certain que l'enjeu et la motivation ne sont pas les mêmes, mais vous arrivez sur le terrain et vous voyez tous ces jeunes faire des jeux, capter des ballons... Ce serait stupide de regarder tout le monde exécuter les jeux qu'on leur demande sans tenter d'en faire autant, sinon plus qu'eux, a indiqué le vétéran receveur Brandon London. Elle est là votre motivation. Vous ne voulez pas être celui qui ressort du lot parce qu'il ne fait pas le travail.

«Je suis aussi un compétiteur, un gagnant et un perfectionniste: je veux réussir tous mes jeux, à chaque fois que je saute sur le terrain. Mais si vous n'êtes pas assez motivé pour venir au camp pour vous tailler un poste, conserver celui que vous avez ou améliorer votre situation dans la formation, vous n'avez pas d'affaire ici.»

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