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L'Algérie paralysée par l'absence prolongée du président Bouteflika

07/06/2013 08:17 EDT | Actualisé 07/08/2013 05:12 EDT

ALGER, Algérie - Quarante jours après l'hospitalisation du président Abdelaziz Bouteflika, la vie politique algérienne, habituellement très prévisible, est en plein désarroi.

L'absence du président durant la visite du puissant premier ministre turc, cette semaine, a ravivé les questions sur son état de santé et l'avenir du pays. En l'absence d'Abdelaziz Bouteflika, hospitalisé en France, les lois ne sont pas promulguées et des réformes importantes ne sont pas mises en application.

Les spéculations sur l'état de santé du président, qui a souffert d'un «petit accident vasculaire cérébral» le 27 avril avant de disparaître à Paris pour des traitements, s'étaient apaisées dans les dernières semaines, jusqu'à ce que des journaux proches de la présidence annoncent que M. Bouteflika serait présent lors de la visite du premier ministre turc.

Recep Tayyip Erdogan est arrivé mardi et il est reparti mercredi, et le président Bouteflika, âgé de 76 ans, n'a été vu nulle part durant la visite. Plusieurs se demandent maintenant s'il sera en mesure d'achever son mandat actuel, voire de faire campagne pour un quatrième mandat.

Même si l'Algérie est une démocratie multipartite avec des élections régulières, une grande partie du pouvoir est concentrée entre les mains du président et de certains généraux.

En l'absence de M. Bouteflika, la machine gouvernementale est pratiquement paralysée.

«Le système dépend à plusieurs égards de l'homme qui se trouve au sommet, et quand il n'est pas là, il ne fonctionne pas avec la même efficacité et la même confiance, alors beaucoup de dossiers restent en suspens en attendant son retour», explique William Lawrence, analyste pour l'Afrique du Nord auprès de l'International Crisis Group.

Toutes les nouvelles lois doivent être débattues et amendées par le cabinet présidentiel avant d'être inévitablement approuvées par l'Assemblée nationale, mais le cabinet ne s'est pas réuni depuis décembre.

La loi budgétaire devrait déjà avoir été approuvée et entrer en vigueur le 5 juillet, mais elle est gelée. La nouvelle loi sur l'audiovisuel, qui doit permettre une réforme très attendue des médias, est également paralysée.

Une commission avait été mise sur pied en mars pour amender la Constitution avant l'élection présidentielle d'avril 2014, mais elle a cessé de se réunir.

La raison qui explique l'absence prolongée du président et le manque de transparence des autorités algériennes sur sa situation est qu'il est dans un état très grave, estime Chafiq Mesbah, un colonel à la retraite des services de renseignement algériens devenu analyste.

«J'ai des informations provenant de hauts responsables français selon lesquelles le président Bouteflika ne reprendra pas ses fonctions, même s'il revient au pays», a-t-il dit lors d'une entrevue avec l'Associated Press.

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